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Luz ne veut pas imposer ses protecteurs à Angoulême

Elodie Pinguet - 27.01.2017

Edition - Société - Luz dessinateur - Luz Angoulême - Puppy Luz


Alors que sa nouvelle bande dessinée, Puppy, vient de sortir chez Glénat, le dessinateur Luz, ancien journaliste chez Charlie Hebdo, a annoncé à l’AFP qu’il ne se rendrait pas au festival international de la bande dessinée d’Angoulême cette année.

 

Luz au centre (Guerric, CC BY SA 2.0)

 

 

Environ deux ans après les attentats chez Charlie Hebdo, la vie du dessinateur Luz en garde toujours les traces. En effet, celui-ci reste placé sous protection policière. Il n’a donc pas prévu de se rendre à Angoulême pour le Festival de la bande dessinée : « Aller à Angoulême entouré d’une nuée de flics, ce n’est pas possible. Je ne me sentirais pas bien. »

 

Aujourd’hui, sa protection lui vaut d’être « absolument libre que chez moi lorsque je dessine », explique-t-il à l'AFP. Il doit communiquer tout son emploi du temps aux forces de l’ordre.

 

Celui qui, il y a quelques années encore, dessinait allègrement des illustrations humoristiques, est nostalgique : « ça me manque de ne plus pouvoir dessiner des bêtises sur les couvertures, de discuter avec les lecteurs et de partager. »

 

Pour sa dernière BD, Puppy, publiée aux éditions Glénat, aucune rencontre ni séance de dédicace n’ont été prévues avec les lecteurs. Ce dernier genre d’activité semble remonter à l’année dernière, lors de la sortie de Ô vous frères humains. Quelques dédicaces avaient été faites lors d’un vernissage au Musée d’art et d’histoire du judaïsme.

 

Dans Puppy, bande dessinée sans bulles, on suit l’histoire d’un chiot revenu d’entre les morts. Près de 40 planches avaient déjà été écrites quand l’attentat a eu lieu. Et sur l’une d’entre elles, Puppy passe devant la tombe d’un autre chien appelé Charlie.

 

Luz a bien sûr pensé à changer le nom de la tombe après le drame, mais « finalement je me suis dit que si je revenais en arrière, si j’effaçais ce Charlie, j’étais à la merci d’une injonction du genre “Attention ! ça va être mal compris, mal interprété”. » 

 

Et Charlie est resté. Luz a essayé de faire de Puppy « une œuvre joyeuse ». Et si l’on s’attarde sur les facéties du jeune chien, elles vont certainement faire sourire le lecteur.

 

Face à ceux qui jugent ses derniers albums tristes et mélancoliques, Luz se défend : « La mélancolique, la tristesse, le deuil, c’est aussi un terrain propice à l’imaginaire. J’aime bien l’idée d’être volatile, aussi volatile que l’imaginaire. »