Lycéen « bloqueur » : le combat continue

Clément Solym - 13.07.2009

Edition - Société - lycée - bloqueur - Fidl


Tristan Sadeghi, qui ne peut toujours pas s'inscrire en Terminale dans son lycée faute d'engagement écrit de ne plus participer à un blocage, commence à faire couler beaucoup d'encre et mobiliser pas mal d'énergie.

Les soutiens se mutliplient

Après avoir reçu le soutien du Parti de Gauche, dont il est adhérent, qui a jugé cette mesure « illégale » et « discriminatoire », en appelant le recteur à sanctionner le proviseur du lycée Maurice Ravel (Paris XXe) à l'origine de ce chantage, c'est la Fidl (Fédération indépendante et démocratique lycéenne) qui a écrit hier au ministre de l'Éducation Luc Chatel pour lui demander « d'ordonner sans délai » l'inscription en terminale de Tristan. La Fidl avait déjà été à l'initiative d'une manifestation de soutien vendredi devant le rectorat, qui avait selon l'AFP, rassemblé quelques centaines de personnes.

Le problème qui risque de se poser face à la demande de la Fidl, c'est que très précisément Luc Chatel s'était engagé au côté du chantage du proviseur, en considérant que sa « démarche » était « légitime ».

La liberté de manifester prochainement verrouillée ?

Car de l'autre côté aussi on s'organise : les anti-bloqueurs veulent saisir cette occasion pour réglementer les modes d'action et d'expression. Ainsi, RNL-Réformons nos lycées, organisation lycéenne proche de l'actuel gouvernement, se mobilise virtuellement sur Facebook « contre les blocages et les bloqueurs ». Idem pour des groupes autonomes se créant sur le réseau social, comme celui-ci dont le nom laisse entrevoir toute la finesse de l'esprit de ses concepteurs : « Pour que Tristan le “bloqueur de lycées” reste bloqué hors de son lycée ». L'organisation lycéenne affiliée à la droite universitaire, l'Uni-Lycée, va jusqu'à appeler « Luc Chatel à exiger que des mesures similaires soient prises à l'encontre de tous les élèves bloqueurs ».

Plus qu'un combat pour l'inscription d'un lycéen, est en train de se jouer une lutte pour la liberté des moyens d'expression et de mobilisation. Que les organisations traditionnellement « antibloqueuses » veuillent bondir sur cette affaire pour faire passer leurs idées est assez compréhensible. Que l'État, par l'intermédiaire du ministre de l'Éducation, veuille se joindre à cette criminalisation de l'engagement est plus inquiétant...