Macé-Scaron plagie un auteur américain : 'une connerie', avoue-t-il

Clément Solym - 23.08.2011

Edition - Justice - marianne - plagiat - ticket


Sale temps pour le directeur adjoint de Marianne, qui vient de se faire pincer férocement l'avant-bras. Ticket d'entrée, de Joseph Macé-Scaron a puisé un peu plus que de l'inspiration dans un ouvrage de Bill Bryson.

En effet, le site Acrimed, célèbre pour sa critique sans retenue des médias, vient de pointer plusieurs passages du livre qui emprunteraient sans vergogne à American rigolos : chroniques d'un grand pays, publié en 2003 chez Payot et Rivages. Un auteur « qu’il ne cite qu’une seule fois et de manière anodine. Il pratique même le copier-coller à l’excès. Plagiat ? Au lecteur de juger... » recommande Acrimed.

Pour exemple :
2) Macé-Scaron, p. 216 :
– Et vous avez combien de RAM ? J’ai fait semblant de ne pas entendre.
- Est-ce bien le numéro de mon appareil qui se trouve près de l’écran ?
- Ça dépend, votre modèle, c’est un ZX-40 multimédia HP ou bien le ZX46/24 Chromium B-Bop ?

Bryson, p. 13 :
J’anticipe avec effroi le moment fatidique où il va me demander combien de RAM je possède.
- Est-ce que ça se trouverait par hasard près du bidule de l’écran de télé ? Je hasarde, désemparé.
- Ça dépend, votre modèle, c’est un ZX-40 LX Multimédia HPII ou bien le ZX46/2Y Chromium B-Bop ?
Contacté par l'AFP, l'éditeur, Grasset, n'a « pas souhaité faire de commentaires ». Et pour cause. Les séquences pointées par Acrimed sont passablement significatives.

Macé-Scaron reconnaît lui-même sur le site @si qu'il a merdé : « Oui, c'est une connerie. » Mais il explique surtout les circonstances de cette bévue : « Je prends habituellement en notes sur un cahier des éléments que je lis, qui me semblent intéressants ou drôles. À l'origine, je ne pensais pas me servir de ces extraits. »

Et de bonne foi, d'ajouter qu'il pensait « les retravailler plus tard (...). J'ai dit dans mon livre que je me suis inspiré de cet auteur, je l'ai d'ailleurs cité ». Cité, certes, mais pas assez, avouant qu'il aurait été nécessaire de mieux « indiquer la provenance de ces extraits ».

Le roman avait été salué du Prix de la coupole, et passablement bien accueilli dans la presse. Assurément : on descend rarement un confrère.

Sur les sites du Magazine littéraire, dont Macé-Scaron est directeur ou de Marianne, on ne trouve pour le moment aucune information supplémentaire. Le livre raconte comment le directeur de la rédaction d'un journal est écarté de son poste, suite à des pressions politiques, qui s'exerce sur le nouveau propriétaire dudit journal.

Et Macé-Scaron d'ajouter que pour des raisons similaires, il avait quitté Le Figaro...