MacKenzie Bezos à la rescousse de son mari Jeff

Julien Helmlinger - 05.11.2013

Edition - International - Jeff Bezos - Biographie - Amazon


Fin octobre, aux États-Unis paraissait la biographie-enquête du journaliste à Bloomberg Businessweek, Brad Stone, intitulée The Everything Store : Jeff Bezos and the Age of Amazon. Dernièrement, et visiblement mécontente du fruit de l'investigation, l'épouse du président fondateur d'Amazon MacKenzie Bezos a rédigé sa propre critique littéraire sur la plateforme du géant américain de l'e-commerce. Elle n'a visiblement pas coché beaucoup d'étoiles, mais l'auteur lui renvoie la balle.

 

 

 

 

Le livre de Brad Stone, The Everything Store : Jeff Bezos and the Age of Amazon, semble apprécié par ses pairs journalistes. À titre d'exemple Michiko Kakutani, du New York Times, évoque « un ouvrage raconté avec assurance et verve, avec beaucoup de détails bien informés ». Un récit présenté comme relativement équilibré, sans parti pris visant à diaboliser ou encenser le protagoniste central, et qui témoigne parfois de l'admiration que l'auteur nourrit à l'égard de la figure du millionnaire.

 

En revanche, la critique en ligne de MacKenzie Bezos, romancière et épouse de Jeff depuis 1993, ne lui accorde qu'une petite étoile sur cinq au compteur Amazon dans une critique intitulée « J'aurais voulu aimer ce livre ». Pas une question de mauvaise volonté selon elle, ce qu'elle a d'ailleurs étayé longuement.

 

Sa critique explique que madame aurait relevé « trop d'inexactitudes » dans ce qui lui apparaît comme un « portrait déséquilibré et erroné des gens et de la culture d'Amazon ». Les tournures de phrase évoquant les pensées du patron d'Amazon lui semblent biaisées du fait que son mari n'a jamais été interviewé dans le cadre de la réalisation de l'ouvrage. Selon, elle cela jette le doute sur l'ensemble du livre.

 

De son côté, Brad Stone a répondu sans perdre de temps à ce jugement médiatisé. Ce mardi, le journaliste a signé une tribune publiée sur le site Bloomberg Businessweek. Il rebondit en affirmant : « Cette critique était bien écrite, divertissante et consciente des enjeux qu'implique la réalisation de la biographie d'une personne et d'une société sans leur complète coopération. »

 

Brad Stone, visiblement moins chagriné par la critique stylistique que par celle de sa méthodologie d'investigation, a tenu à préciser qu'il avait échangé avec plus de 300 personnes. Ajoutant que si Jeff et MacKenzie Bezos y trouvaient de véritables erreurs, il se ferait une joie d'apporter les corrections nécessaires. 

 

Un débat qui revient souvent lorsque l'on évoque la rédaction de non-fiction. L'écrivain qui relate les faits ne peut se permettre de les trahir, mais il ne peut non plus céder à une narration trop plate et ennuyeuse s'il souhaite que son livre intéresse ses lecteurs.