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Macron inaugure l'entrepôt Amazon, sur fond d'amende européenne

Nicolas Gary - 04.10.2017

Edition - Economie - fiscalité amazon france - Emmanuel Macron Amazon - entrepôt Amazon Macron


L’Élysée avait confirmé la venue du président de la République pour l’inauguration de l’entrepôt d’Amazon. Le nouveau site logistique Amazon d’Amiens-Boves rappelle étrangement la visite que le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, avait effectué en juin 2012. Mais Emmanuel Macron a tenu à poser quelques différences.



 

 

Quand Arnaud Montebourg était venu pour accueillir à bras ouverts le géant américain, il avait recontré Frédéric Duval, aujourd'hui « country manager » d'Amazon et de nouveau présent pour la venue d'Emmanuel Macron. Coupage de ruban pour inaugurer le lieu et en avant : le président de la République entendait avant tout véhiculer deux messages forts : la France peut espérer une réindustrialisation heureuse, et la mondialisation n’est pas si mauvaise.

Ce même directeur général d'Amazon France jouera à l'interview avec le président... Pourquoi venir inaugurer cet entrepôt ? La réponse ne manque pas de saveur.
 

 

 

Emmanuel Macron coupe le cordon
 

Le nouvel entrepôt d’Amazon, ce sont plus de 100.000 m2, avec la perspective d’engager 500 personnes d’ici 2020 ; aucune précision n’est apportée sur la qualification des emplois, comme d'habitude. Et comme l’indique le président, ce n’est pas par décret ni en contraignant les entreprises que l’on parviendra à créer de nouveaux emplois. 

 

 

 

Un nouveau centre Amazon sera ouvert à l’automne 2018, a d’ores et déjà annoncé l’entreprise américaine, à Brétigny-sur-Orge (Essonne), avec 1000 CDI promis sur une période de trois ans. Ce seront cette fois 142.000 m2 qui seront à inaugurer – soit le plus grand espace jamais ouvert en France. Et l’effet est encore plus important, puisque cette ouverture va avoir lieu en région parisienne. 
 

Accueillir Amazon... et ses impôts ?

 

Pourtant, Emmanuel Macron n’a, semble-t-il, pas baissé le pavillon : les géants américains feraient l’objet d’un intérêt tout particulier, notamment pour ce qui touche à la fiscalité. Certes, Amazon peut « montrer qu’il y a un avenir, y compris industriel, dans la région », assurait le président, mais dans le même temps, les géants américains ne doivent pas jouer avec des armes déséquilibrant le commerce.

Il y a quelques semaines, le président plaidait en faveur d’une taxation des GAFA, affirmant : « Nous ne pouvons pas accepter d’avoir des acteurs européens qui sont taxés et des acteurs internationaux qui ne le sont pas, des acteurs du numérique qui n’ont aucune taxe et qui viennent concurrencer des acteurs de l’économie traditionnelle qui, eux, la paient. »

 

L’idée géniale existerait d’ailleurs : « Il y a deux pays en Europe qui ont une taxe sur les transactions financières. [...] Prenons cette taxe, généralisons-la à l’ensemble de l’Europe. » Ces deux pays sont... la France et la Grande-Bretagne. 

 

Bruxelles brandit une amende ; les libraires, des pancartes


Tout cela tombe à pic : Amazon vient de se faire épingler par Bruxelles, et une amende de plusieurs centaines de millions d’euros est suspendue au-dessus de la tête du géant. En effet, les leviers d’optimisation fiscale mis en place par Amazon ne conviennent plus à la Commission, qui souhaite remonter le courant. 

 

L'Union européenne réclame 250 millions € d'arriérés d'impôts à Amazon

 

Tous les avantages concédés par le Luxembourg depuis 2003 seraient passés en revue, et les arriérés devraient rendre l’addition très douloureuse. 

 

Au micro d’Europe 1, Philippe Martinez, de la CGT, affirmait d’ailleurs que l’ouverture de cet entrepôt était une chose, mais qu’il fallait commencer par faire payer les impôts dus en France. Chose bien entendue, donc...

 

Quant à l’inauguration d’Amazon, elle a également été accueillie par des libraires de la région, qui n’ont pas du tout apprécié la présence du président. « Ou [Emmanuel Macron] fait de la publicité pour une grande multinationale qui vole le fisc ou il est venu récupérer l’argent qu’Amazon nous doit. [...] Nous crevons de cette concurrence déloyale », expliquent-ils. (via RT)

Nous attendons à ce titre une réaction du Syndicat de la Librairie française.