Madame “le” ou “la” ministre : l'Académie française va trancher

Antoine Oury - 20.12.2018

Edition - Société - Académie française - madame le ministre - feminisation titres fonctions


Les académiciens aiguisent leur épée et repassent les habits verts : le 7 février prochain, l'Académie française rendra ses conclusions sur une question cruciale, qui a « ouvert un large débat dans la société ». L'institution rendra ainsi ses conclusions sur la féminisation des titres et fonctions, tout en présentant par la même occasion son nouveau portail web.

Institut de France, Paris
(photo d'illustration, Sorin Popovich, CC BY-NC-SA 2.0)


Plus violent encore que le débat sur l'usage de “auteure” et “autrice”, celui sur la féminisation de la fonction de « ministre » trouvera bientôt son épilogue. Ou, au contraire, un nouveau départ. L'Académie française annonce en effet qu'elle se prononcera le 7 février prochain sur les règles en matière de féminisation des titres et des fonctions.

Le débat autour de l'usage de « Madame la ministre » refait régulièrement surface lorsqu'un député, par exemple, ou tout autre responsable politique, trouve malin d'appeler une femme politique ainsi. Dernier exemple en date, l'accrochage entre la secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, et le député LR Gérard Longuet, le 20 novembre dernier au Sénat.

Longuet avait donné du « Madame le ministre » et du « chère amie » pour interpeller Brune Poirson, laquelle ne s'est pas laissé faire et a gentiment renvoyé le sénateur dans les cordes.




D'autres exemples éloquents de sexisme ordinaire ou de bêtise crasse émaillent régulièrement la vie politique française... Peut-être que l'Académie saura mettre un terme à de tels événements.
 
Outre la présentation de ces conclusions, l'Académie présentera une plateforme inédite permettant de consulter les différentes versions de son célèbre dictionnaire, soit « un portail permettant la consultation de toutes les éditions du dictionnaire et l’accès, à partir d'une même interface, à d'autres ressources linguistiques, fruits des divers travaux de la Compagnie ».

Depuis quelques années, l'Académie s'est lancée dans un exercice de modernisation de sa communication, notamment par son site internet et sa rubrique « Dire, Ne pas dire », qui aborde des erreurs communes de langage et d'écriture.


Commentaires
Je n'ai pas tout lu, il y a beaucoup de propositions, et je vais aggraver le problème avec la mienne.

Le Pr. Guy Deutscher, un Anglais, fait remarquer que le français est une langue fortement sexuée :

http://www.lesinfluences.fr/Guy-Deutscher-le-linguiste-qui.html

De plus, la langue (française) s'est débarrassée du neutre il y a fort longtemps, peut-être huit siècles.

De mauvaises raisons, très mauvaises, ont fait considérer le masculin comme "plus noble".

Il serait temps de revenir aux époques moins farouches, où le féminin d'une profession définissait la femme qui l'exerçait. Quelle rigidité, voire quelle sottise, de donner du Madame LE ministre" !

Toute langue évolue comme miroir de la société.

Certes, cela pose diverses difficultés : une femme médecin ne sera jamais une médecine ! Mais il n'y a pas de problème à dire "une pharmacienne", profession très féminisée.

J'attends la décision de l'Académie française avec curiosité.
Il est aussi inexact de dire "Madame la ministre" que de dire "Monsieur le sentinelle". A l'inverse de "sentinelle" qui est un mot de genre féminin et doit rester féminin même lorsqu'il qualifie un homme, ministre étant un mot de genre masculin, il doit rester masculin même lorsqu'il désigne une femme. Il n'y a donc rien de faux à faire usage de "Mme le ministre", n'en déplaise aux idéologues féministes dont le combat rappelle les heures les plus sombres de notre histoire où l'usage de mots était imposé par la dictature.
Bonjour,

Et l'Académie a une femme -de très haut niveau - à savoir Hélène Carrère d'Encausse comme Secrétaire perpétuel(le ?)!

Long entretien récent avec une nouvelle académicienne dans «Libé»: Barbara Cassin !

Conseillé à tout le monde: petit article dans Télérama p.249 sur le précariat dans le monde de l'écriture !

Et on sait depuis peu que les ventes de romans français sont historiquement basses en 2019.

Triste mais lire un livre de façon sérieuse exige non seulement des heures libres (pas évident si on n'est pas critique littéraire de profession)mais également un effort de concentration qui ne correspond plus à l'époque -de nombreux savants français et anglo-saxons insistent sur cet aspect de la civilisation numérique qui modifie même progressivement le cerveau.

Je ne suis pas un scientifique: je ne fais que témoigner de ce que je lis et entends !

Pour moi m'enfoncer dans une lecture concentrée et sans interruption, c'est une joie avec les ondes alpha de mon cerveau qui dansent la samba ou une plus douce et chaloupée bossa nova si le texte en vaut la peine, bien évidemment !

Bonnes fêtes à vous !

CHRISTIAN NAUWELAERS
Ben les gilets jaunes ils vont être contents quand ils vont savoir que leurs maigres deniers qu'ils aimeraient bien qu'ils leurs servent à acheter un steak à Lidll 50
Espérons que ceux que l'on nomme "Immortels"(les?)auront lors de leur réunion plus de grain à moudre que de décider du "le" ou "la" accompagnant "Madame". Cela m'évoque le terme "pharmacien" qui au féminin désigne l'épouse du pharmacien et qui reste au masculin pour le titre, la compétence : " elle est pharmacien". Pourquoi pas Madame le ministre? En tant que femme, je ne me sentirais nullement offensée...
Ça ne m'a jamais posé problème de lire "la reine" pour l'épouse du roi, PUIS de lire aussi "la reine" pour une femme qui occupe le trône elle-même.



A vous, peut-être ?



Pour "la pharmacienne", à mon avis, lequel date du XXIe siècle et pas du XIXe, je pense plutôt à une femme qui exerce le métier de pharmacien, parce que je ne vois pas trop pourquoi on continuerait de définir une FEMME, dans notre société actuelle, par le métier... de son MARI !



Plus en France, encore, que dans d'autres pays, car les femmes françaises sont plus nombreuses que dans beaucoup d'autres pays à exercer une activité professionnelle – merci nos crèches et notre politique familiale...

je trouve donc saugrenu de continuer à les définir par la profession de leur mari, alors qu'elles en ont souvent une elles-mêmes.



Si votre enfant à "une" prof de français, dont le mari est pharmacien, vous la définirez comme "prof" ou comme "pharmacienne" ?



L'épouse du pharmacien a son existence propre... Y compris son existence sociale.La femme de M. Durand, pharmacien, n'est plus "pharmacienne", elle est Mme Durand, si elle a poursuivi la tradition de prendre le nom de son mari, ET elle est par ailleurs "pharmacienne", si elle exerce le même métier que lui, ou "prof", ou "boulangère" (rare !) ou "ministre", etc., selon la fonction sociale qu'elle-même occupe ! Ou mère au foyer... grin. Ou chômeuse...



Les choses ont évolué, depuis pas mal de temps, quand même.



Ce n'est pas parce que VOUS, ça ne vous gêne pas d'être nommé(e?) au masculin que ça ne gêne pas d'autres que vous... Il ne faut pas rechercher, je pense, ce qui VOUS gêne, mais la logique qui sous-tend cette curieuse polémique.



Pour ma part, étant femme, je trouve assez désagréable d'être nomméE au masculin, et qu'on puisse dire "il" de moi-même m'agace un peu quand même... Je tiens, moi, à la richesse de notre langue, qui fait la distinction masculin/féminin. Va-t-on la réserver aux objets et aux idées, cette distinction-là ?



Quant à la bonne foi qui alimente cette discussion qui dure depuis des décennies, je vous conseille vivement de lire l'article paru dans Le Monde, dans les années 90 (pas d'hier, donc), et intitulé, de mémoire, "La querelle du neutre" : c'est assez révélateur ! Et plus que sidérant...
Depuis quand les métiers ont-ils un genre (pour ne pas dire un sexe)?Quand vous écrivez "définir une femme par le métier de son mari", qu'entendez-vous par "définir"? Une femme n'en a cure, elle existe par elle-même, -et je me garderais bien d'être "féministe"-. Reine est bien le féminin de roi, et alors? Boulangère est bien le féminin (et l'épouse du, si elle est mariée) de "boulanger". Le vote des femmes, dû si je ne me trompe à de Gaulle, est le seul grand pas vers une égalité que je ne revendique pas, persévérant dans la pensée du droit à la différence, d'ordre culturel.
Petit ajout, pardon : c'est donc au nom de votre "droit à la différence" "culturelle" que vous plaidez pour qu'on dise "Madame est boulanger", quand son mari est maçon ?



Eh bien, moi, au nom du même droit, je plaide pour qu'on dise "Monsieur est boulanger", et "Madame est boulangère".



Et je trouverais assez loufoque que, si lui-même est maçon, et sa femme boulangère, on dise "le boulanger" en parlant du mari... de la boulangère.



Pas vous ? Moi, avant même la différence "culturelle", j'aime bien la différence "sexuelle" que fait notre langue. Après tout, puisqu'il y a un masculin et un féminin dans notre langue française, je me demande bien pourquoi on ne l'appliquerait pas aux métiers, quand le mot existe déjà ou quand on peut facilement lui trouver une forme au féminin !



En revanche, je trouve préjudiciable à notre langue de dire "une auteurE", quand, jadis, la langue française connaissait le mot "autrice"... bien plus conforme à la formation des mots dans cette langue.

C'est beaucoup plus cela, moi, qui m'insupporte : que le politique se mêle de nous pondre des mots qui défigurent la langue ! Sous prétexte d'"égalité"...
Putain on a vraiment que ça à foutre d'exciter l'énervement des sans-dents. Madame ou Monsieur on s'en bat les steacks non ? Ça fait longtemps que si on respectait les gosses et le femmes ça se saurait. Putain de jeu de dupe. Tous ça va finir par mal finir...
Même l'Assemblée nationale, qui n'est pas réputée pour être un lieu où règne l'égalité des sexes, a fini par se rendre à l'évidence et à sanctionner les sexistes là où ça leur fait le plus mal, au portefeuille :

http://videos.leparisien.fr/video/madame-le-ministre-le-depute-ump-julien-aubert-persiste-et-signe-19-11-2014-x2al99g

Aux sexistes (et à leurs quelques alliées femmes wink qui prétendent que ce sujet est sans importance, je ferai juste remarquer (avec l'appui de nombreux hommes des nouvelles générations, plus soucieux d'égalité des sexes) que si c'était vrai, nos machos nationaux n'en parleraient pas à tout bout de champ, ne s'exprimeraient pas en permanence sur les réseaux sociaux, et ne se mettraient pas en colère à propos d'un sujet « mineur » ! Quant à l'Académie, qui attache encore de la moindre importance à ce repère de vieux réacs ?
MOI ! Et de nombreuses autres personnes ! Pour ma part, je n'ai pas envie de voir dans l'Académie un "repAIre de vieux réacs", car je suis très attachée à notre langue française, et je trouve que notre Académie est une chance pour celle-ci, que bien des pays nous envient.



Qu'on y soit souvent "vieux", c'est vrai, a sans doute aussi affaire avec le fait qu'on y est élu à vie et qu'on vit de plus en plus vieux, d'une part, mais aussi, d'autre part, avec le fait qu'il faille souvent attendre longtemps pour faire preuve d'un réel talent littéraire en même temps qu'on maîtrise notre langue... et son orthographe grin.



Savoir distinguer "repère" et "repaire", par exemple, peut prendre un certain temps grin !



Cela dit, je ne trouve pas vraiment d'arguments, au XXIe siècle, pour continuer à devoir suivre l'Académie elle-même, lorsqu'on n'est pas d'accord avec ses choix. Pour ce qui est de la langue d'un peuple, c'est le peuple qui décide, Académie ou pas.

Et, donc, l'Académie, ici, à mon sens, devra plier... pour se soumettre au choix du peuple. Je crois, pour ma part, que celui-ci est fait : que l'on dise encore "madame LE ministre", en se référant à la fonction, ou "madame LA ministre", en se référant à la personne qui occupe la fonction, n'est pas si important, car personne, aujourd'hui, ne dit plus "LE" ministre en parlant d'une femme qui occupe la fonction !



Personnellement, je trouve saugrenu, donc, de vouloir persévérer à dire "madame LE ministre", mais... le féminin étant dans "madame", ça ne me heurte pas trop.

En revanche, dire "LE" ministre de la Santé, quand ce ministre s'avère être une femme et qu'on parle de CETTE femme-là, non de sa fonction, je trouve ça non seulement imprécis, mais grossier. ET grotesque, car... il devient, du coup, très difficile de pouvoir faire les accords qui conviennent, on se prend les pieds dans le tapis...



Par exemple : "Le ministre de la Santé est arrivé(e?) avec son époux... Il (l'époux ? ou elle ?) portait un tailleur de couleur rouge...", etc.

Un vrai casse-tête, absurde !



Donc... on peut juste faire soi-même ses choix, et laisser l'Académie faire les siens... Un jour ou l'autre, elle ira dans le sens du peuple, de toute façon...

Et, généralement, le peuple, lui n'aime pas que sa langue se transforme en casse-tête absurde... grin.
Je dis que "ce" sujet est sans importance, pas que l'égalité hommes-femmes est sans importance. Je pense même que le sort des femmes en ce bas monde est peu enviable et devrait être une priorité absolue, juste après celui des enfants. Mais d'ailleurs, c'est vrai ça, ils sont où les gosses ? Qui se soucie de leur sort, hein ? Ah c'est parce que c'est pas des électeurs donc on s'en fout, ah oui, c'est vrai ça m'avait échappé, padon... Alors adieu les gosses démerdez-vous avec vos biberons et vos hochets pour clamer votre innocence. Je hais cette société où les valeurs ne sont pas liberté/égalité/fraternité mais lâcheté/déni/omerta. Bonnes fêtes à toutes ;(
"Je hais cette société où les valeurs ne sont pas liberté/égalité/fraternité mais lâcheté/déni/omerta."



Une belle déclaration "d'amour" à notre humanité ?! Vous ne voyez même plus que vous-même n'êtes que haine et agressivité !Vous croyez que c'est en crachant votre "haine" que vous allez changer le monde ?

Enfin, si vous voulez le changer, ce que je ne crois pas. Trop chouette de pouvoir cracher dessus, ça fait du bien, hein ? Surtout quand on prend soin de se mettre au-dehors.
Ouais ça fait du bien de temps en temps de donner un bon coup de pied dans la fourmilière, dans ce système "propre sur lui" qui oblige à marcher au pas de l'oie et à tenir strictement son rang. Je pense que ça suffit d'être pris pour des jambons par des "élites" arrogantes et donneuses de leçon, corps intermédiaires compris. Et d'arrêter de censurer les commentaires dès qu'ils sortent un tant soit peu des rails idéologiques bien-pensants... à bon entendeur.euse, salut.
Cher Monsieur,

Bizarre je ne vous comprends pas !

Contradiction entre la teneur de votre message et votre usage de l'écriture inclusive...

Il faut choisir !

Amicalement quand même !

CHRISTIAN NAUWELAERS
Ce que je veux dire c'est juste qu'on s'intéresse à des détails et que le dur on y touche pas. Bref, on s'en fout que ça soit inclusif/ve ou pas l'écriture, du moment qu'elle est un scalpel affûté qui nous permet d'inciser l'âme pour voir ce qui s'y cache dans ses recoins les plus sombres. Eloge au roman noir.
Bonjour,

Je ne comprends rien à votre réponse qui me paraît hors sujet.

Mais bonnes fêtes quand même !

Christian Nauwelaers
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