Madrid : Cinq sites susceptibles de contenir les restes de Cervantes

Julien Helmlinger - 10.06.2014

Edition - International - Miguel de Cervantes - Don Quichotte - Madrid


La recherche des reliques de Miguel de Cervantes progresse à Madrid, grâce à la technologie géoradar. Comme le rapporte l'AFP, les experts ont annoncé ce lundi avoir identifié sous une petite église 5 sites susceptibles d'héberger les restes du célèbre auteur de Don Quichotte, au moyen de caméras infrarouges et de scanners en 3D. Mais pour l'anthropologue Francisco Etxeberria, qui dirige l'équipe de chercheurs, la réussite des fouilles n'est pas garantie. « C'est comme un patient qui va être opéré, les médecins doivent d'abord faire des radios. »

 

 

CC by 2.0 par M.Peinado

 

 

Francisco Etxeberria, dont la qualité d'expert serait reconnue à l'international, a notamment contribué à l'autopsie ayant conclu au suicide de l'ex-président chilien Salvador Allende, victime du coup d'État d'Augusto Pinochet en septembre 1973.

 

Il précise que son équipe à Madrid ne souhaite pas « créer de faux espoirs. Je ne sais pas si nous allons le trouver ». Néanmoins, les chercheurs concentrent désormais leurs efforts sur l'un de ces 5 lieux repérés dans la crypte de l'église des Trinitaires, bâtisse de briques rouges jouxtant un couvent, située dans le centre historique de la ville. 

 

Ils y ont localisé environ 30 cavités, lesquelles pourraient abriter les reliques de Cervantes, considéré comme l'un des plus grands auteurs du Siècle d'or espagnol voire comme le père du roman moderne. Ce qui n'aura pas empêché l'écrivain de mourir dans la pauvreté le 22 avril 1616. Les écrits contemporains de son décès indiquent que sa dépouille a été enterrée dès le lendemain dans cette petite église, mais quatre siècles plus tard l'emplacement exact est devenu une énigme.

 

Le couvent attenant à l'église est aujourd'hui encore occupé par des religieuses et ferait partie de l'héritage culturel de Madrid depuis 1921. Or l'on n'entame que difficilement des fouilles sans localisation précise dans ce genre de monument. En conséquence de quoi Francisco Etxeberria se fait aussi diplomate à ses heures en promettant : « Nous parlons d'un personnage universel. Nous voulons faire les choses sans aucune précipitation, avec sérieux. »

 

Ana Botella, l'actuelle maire de la capitale espagnole, a assuré quant à elle que la mairie prendrait en charge les frais liés à cette nouvelle phase de recherches, dont le montant n'a pas été précisé de manière officielle. À la fin du mois d'avril, moment de sa présentation, un des historiens membres de l'équipe avait estimé que la facture de l'opération pourrait s'élever aux environs de 100.000 euros.