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Mafalda, embarquée contre son gré par les anti-avortements d'Argentine

Nicolas Gary - 20.07.2018

Edition - International - Malfada Argentine avortement - interruption volontaire grossesse - Quino Mafalda femmes


Malfalda, égérie et symbole de la lutte des opposants à l’avortement en Argentine... non, on a beau avoir de l’imagination – et même les idées larges –, cela ne passe pas. Pas plus que Quino, son créateur, n’accepte qu’on récupère son personnage pour passer de pareils messages. 


Quino (Mafalda) reçoit la Légion d'Honneur au Salon du Livre de Paris 2014
Quino - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, Joaquín Salvador Lavado, aka Quino, âgé de 86 ans, réaffirme qu’il est en désaccord complet avec l'usage fait de sa petite fille. Et qu’à ce titre, le recours à Malfalda est une usurpation totalement insupportable. « Nous rappelons que Quino ne s’est pas prononcé en faveur ni contre la légalisation de l’avortement, seulement, toujours et explicitement, en faveur des droits des femmes », indique le message.

 


 

Confirmé auprès de l’agence de presse EFE, le message tente ainsi de mettre un terme à la propagation sur les réseaux sociaux d’une image accompagnée de la citation du dessinateur même. « Mafalda a toujours été en faveur de la vie », et sa couleur est le bleu, et non le vert. Une référence au mouchoir vert qu’utilisent les partisans d’une légalisation de l’avortement. Depuis une quinzaine d'années, cette couleur est d'ailleurs devenu symbolique de la lutte pour la légalisation de l'avortement.

 

Ainsi, l’image devenue virale d’une Mafalda avec un foulard bleu, celui des anti-IVG, sur lequel on peut lire le slogan, « Sauvez les deux vies », avait jailli sur les réseaux. 




 

« Des images de Mafalda ont été diffusées avec le mouchoir bleu qui symbolise de l’opposition à la loi sur l’interruption volontaire de grossesse. Je ne l’ai pas autorisé, cela ne reflète pas ma position, et je demande qu’il soit supprimé », a indiqué l’auteur lui-même. 

 

Or, en Argentine, le débat est particulièrement vif depuis ces derniers mois : les discussions autour d’une décriminalisation – et donc de la légalisation de l’avortement – font fureur. L’interruption volontaire de grossesse est actuellement interdite, conduisant des femmes à prendre des risques pour leur santé.

 

La chambre des députés, en juin dernier, avait obtenu la moitié des voix en faveur du projet de loi, dans un vote serré – qui s’était accompagné d’une série de manifestations en masse des partisans de l’avortement. 

 

Toutefois, le Sénat n’aura le dernier mot que le 8 septembre prochain, lors du vote final.

Une pareille opération de communication, sans aucune pudeur ni retenue, fait avant tout preuve d’une ignorance crasse : le personnage de Mafalda a toujours véhiculé des messages allant en faveur d’une liberté plus grande pour les femmes, entre autres. Ainsi, cette conversation avec sa mère.
 


© Glénat



De quoi comprendre tout l'enjeu des combats qu'a pu mener Quino, et s'apercevoir de l'imbécillité d'une pareille tentative de récupération.


mise à jour 9 août : 
 

Ce 8 août, les sénateurs ont fini par voter contre le texte que l’Assemblée avait adopté. Des débats passionnés, certes, mais qui pointent l’évidence : les riches dans le pays peuvent obtenir un avortement dans des conditions idéales. Les pauvres, de leur côté, ont recours à des méthodes bien moins sures pour la mère. 

 

Notons que le roman de Margaret Atwood, La servante écarlate, fut au cœur des débats. La Canadienne avait elle-même assuré que son récit s’inspirait des bébés volés durant la dictature argentine. 




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