Maintenir le travail des employés d'Amazon en entrepôt, “hérésie sanitaire”

Nicolas Gary - 18.03.2020

Edition - Librairies - Amazon librairies coronavirus - vente livres internet - livraison vente livres


Cela couvait assez logiquement : dans les entrepôts d’Amazon, dont les conditions de travail ne sont par réputées pour leur humanité, la menace de débrayage sourd. Les personnels, dénonçant des expositions injustifiées aux risques de contamination, estiment être mis en danger. D’autant qu’à Lauwin-Planque et Boves, des cas de Covid-19 ont été détectés.

Amazon.com
Fumiaki Yoshimatsu, CC BY SA 2.0


Selon l’AFP, l’activité du géant américain se poursuit dans les Hauts-de-France, mais les salariés s’agacent. Ils seraient près de 200, sur le site de Lauwin-Planques a avoir fait valoir un droit de retrait. Amazon assure mettre la santé des salariés et des partenaires, en top priorité, mais les concernés ne le voient pas vraiment de cette manière.
 

Les mesures les plus élémentaires...


L’Union Syndicale Solidaires Nord souligne : « Les 4000 salariés de la plateforme Amazon de Douai ne bénéficient d’aucune mesure de protection contre le Covid-19. Pas de masque, pas de gel, de la promiscuité, le personnel craint pour sa santé, car les mesures d’hygiène les plus élémentaires ne sont pas respectées. La direction ne veut rien entendre, prétendant qu’elle a pris toutes les mesures nécessaires. »

Avec ce mantra qui revient : comment la plateforme logistique peut-elle encore figurer parmi les sociétés à l’activité indispensable pour le gouvernement ? Alors que « le personnel passe son temps à emballer des DVD et autres godemichets ». No comment. 
 
Au cours du mercredi après-midi, ce 18 mars, un débrayage s’est organisé, sans pour autant respecter les règles de distance impératives. Or, Guillaume Reynaud, secrétaire CGT sur Montélimar pointe que chez Amazon, « [à] certains endroits, impossible de garder les distances de sécurité, notamment dans les vestiaires. Ils ont rajouté une pause en plus pour qu’on ne soit pas trop nombreux en salle de pause, mais les trois pauses s’enchaînent sans nettoyage des locaux ».
 


Cette activité de vente à distance effare également le Syndicat de la librairie française. Ce dernier déplorait déjà que les libraires se retrouvent entre le marteau et l’enclume, subissant la double peine du coronavirus. D’un côté, la fermeture obligatoire, de l’autre l’arrêt de l'approvisionnement par les distributeurs. Et ce, alors que les sites de vente en ligne continuent d’être approvisionnés. 
 

Une hérésie sanitaire


Dans une nouvelle communication, le SLF pointe le civisme des libraires, qui, dans une large majorité, ont « suspendu tout service de retrait et de livraison et renoncé à une ouverture lorsque la vente d’autres produits comme la presse les y autorisait ». 

Un « sacrifice financier », qui découle de la responsabilité des chefs d’entreprise, « conscients du manque à gagner pour les auteurs et les éditeurs ». On promet d’ailleurs « un engagement décuplé lorsque cette crise sera surmontée ». 

Mais d’ici là, « la grande distribution et les plates-formes de vente en ligne poursuivent, comme si de rien n’était, la vente et la livraison de livres », déplore le SLF. Or, pour qu’une commande Amazon soit passée, ce ne sont que quelques clics pour l’acheteur, quand de l’autre côté, « c’est faire se déplacer, travailler et se croiser des salariés dans les entrepôts des éditeurs, des salariés dans les entrepôts d’Amazon, des transporteurs, jusqu’au livreur qui se rend au domicile du client ».
 
Les risques sanitaires sont évidents, dans cette chaine logistique, alors même que les « consignes officielles nous enjoignent à limiter au maximum les contacts ». Un livre vendu en librairie n’aurait pas la même valeur que celui écoulé par Amazon ou en hypermarché. Une concurrence se dessine, sans possibilité de réponse, et la librairie, économiquement fragile, paierait alors « un très lourd tribut à cette crise, leurs concurrents de la grande distribution et d’internet en profitent pour accroître encore davantage leurs bénéfices ».

Le SLF demande que la poursuite des commandes et retrait de livres, « hérésie sanitaire et concurrence déloyale » cesse. 
 

Renoncer à livrer Amazon


Pour soutenir le syndicat, notons qu’une toute jeune pétition — indépendante du SLF — a été mise en place, réclamant qu’Amazon cesse « immédiatement toute livraison aux consommateurs ». Elle stipule que le confinement impose la fermeture de nombreux commerces, dont les librairies physiques. 

Or, « celles-ci, ainsi que de nombreux éditeurs, vont connaître des jours très difficiles. On ne peut accepter qu’Amazon, qui mène contre les commerçants de détail, dont les librairies, une concurrence insupportable, l’aggrave en ayant le monopole des livraisons de commandes de biens divers, dont les livres, directement aux consommateurs ».

Adressée au ministère de l’Économie, de la Culture, ainsi qu’à plusieurs grands groupes éditoriaux (Hachette Livre, Editis, Flammarion, Gallimard, Média Participations, etc.) elle demande « aux distributeurs de livres et autres biens de renoncer à toute livraison à Amazon ».

Et à défaut, « nous demandons à Messieurs les Ministres de l’Économie et des Finances et de la Culture d’intervenir auprès de ces entreprises le plus rapidement possible, pour que cessent ces livraisons absurdes ». 

 

mise à jour 19 mars - 9h30 : 


A retrouver, l'intervention de Bruno Le Maire, évoquant la possibilité de réouvrir les librairies.


Commentaires
Je suis pour la fermeture le risque est trop grand ; mais les Français seront-ils prêt à indemniser Amazon pour ses pertes ?
D'ailleurs c'est casse pied j'ai toujours 2 colis en préparation (1 à la Fnac et 1 chez Amazon) qui partent pas et que je peux pas annuler blank stare
par contre la partie numérique d'Amazon doit continuer impérativement pour les eBooks et Prime Vidéo
Amazon suspend la livraison de certains produits non-essentiels jusqu’au 5 avril : https://www.phonandroid.com/amazon-suspend-la-livraison-de-certains-produits-non-essentiels-jusquau-5-avril.html



Je sais pas si c'est lié ou pas mais j'ai pu annuler "The Bad Guys" (pas Le Mans 66 par contre à la Fnac)
Il faut que l’Etat impose à Amazon de fermer et aussi de payer ses salariés sans aide de l’Etat, mais sur ses bénéfices pour lesquels Amazon ne paie pas d’impôts en France.... il y a des milliers de salariés chez Amazon !!!!
Non Amazon doit avoir les mêmes doris que les autres : indemnisation pour la fermeture et chômage technique pour ses salariés.
Bonjour,



Je suis client chez Amazon depuis des années. J'habite à Paris.



J'apprends par la presse que vous incitez vos employés à travailler dans les entrepôts afin d'assurer la livraison des commandes faites en ligne par vos clients, en cette periode de confinement fortement recommandée. Je pense que vous ne faites preuve d'aucun civisme envers le pays, et d'aucune humanité envers vos collaborateurs. Alors que la grande majorité des français font un effort considérable sur leur modes de vies et sur leurs professions, vous, vous vous en moquez, cachés derière des messages de bienveillance que vous adressez à vos consomateurs par email.

Pour moi, vous avez cette fois-ci royalement loupé votre communication, et manqué à vos responsabilités.



De ce fait, ma relation de consomatteur Amazon, est définitivement rompue.

Au revoir.

Julien de Nys
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