Maïté Carranza "La femme entre sorcière et louve"

- 22.03.2013

Edition - Société - carranza - fantastique - sorcières


La jeunesse, « âge des illusions, des perspectives ». Maite Carranza la connaît bien. L'auteure a déjà publié 50 livres en Espagne, dont une bonne partie qui traite de l'adolescence. En France, « pays voisin » pour elle qui a « étudié le français, petite », on la connaît d'abord pour son triptyque La Guerre des sorcières. Saga initiatique pour adolescents où les magiciennes empruntent moins à Harry Potter qu'aux vieux mythes locaux plus sombres. Retour au temps des feux de la St-Jean, des stryges et de Médée.

 

 

Maite Carranza, accompagnée de la traductrice VF Nathalie Nédélec-Courtès

 

L'occasion de ressusciter un folklore partagé avec la France. Celui des Pyrénées, de la Catalogne multi-culturelle, « une région de sorcières », assure-t-elle. Un terroir de bois, de mers, de lacs, où « tout y est possible ». Pour le Clan de la Louve, le premier opus, la romancière a mené des recherches anthropologiques, une vraie passion chez elle, qui sont allées de la visite de musées de la sorcellerie à la rencontre avec les rebouteux et jeteurs de sorts du cru. Un hommage au loup des Pyrénées, aussi.

 

Du fantastique, et bien plus. Sur le Salon du livre, sa rencontre avec un public de collégiens est le prétexte à rappeler qu'il ne s'agit pas que de fiction enfantine. Il y a aussi un vibrant rappel au passé trouble de l'Espagne. L'inquisition de Torquemada, naturellement, qui persécute les sorcières, et surtout les femmes un peu trop libres selon leur temps, et le XXe siècle. Quand Carrenza évoque la guerre fratricide que se livre, les sorcières entre elles, elle a beau citer Caïn et Abel, comment ne pas penser plutôt à la guerre civile ?

 

Vivre sous Franco et le combattre, cela passe par l'écriture dans ses jeunes années. Puis apporter la force du roman pour ados parce que « la jeunesse est une petite révolution ». Et le temps pour « les jeunes de changer les choses qui ne leur vont pas ». Ce discours, c'est celui de la femme libre, avatar de ses sorcières et aussi de la parole sans tabous.

 

La romancière et scénariste a aussi apporté des récits qu'elle qualifie de « durs », autour des violences sexuelles et des difficultés dans les relations parentales. Et qu'on ne s'y trompe pas, certains sont écrits pour un public jeune à ne pas épargner. Mais toujours une icône féminine, comme c'est le cas dans La parole empoisonnée.

 

Un juste retour des choses après le règne de la femme bonne qu'à être épouse sous Franco. Pourtant parmi ses jeunes interlocuteurs, les garçons semblent tout aussi intéressés par les pouvoirs de ses sorcières.




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