Maka Kotto, ministre de la Culture du Québec très attendu

Clément Solym - 21.09.2012

Edition - International - Maka Kotto - ministre de la Culture - Québec


Nommé au Conseil des ministres de Pauline Marois, Maka Kotto (en photo) vient de prendre les commandes du ministère de la Culture et de la Communication au Québec. Au sein d'une nouvelle équipe de 23 membres, comptant huit femmes, le ministre d'origine gabonaise s'était fait remarquer par différents rôles au cinéma. 

 

L'Union des écrivaines et des écrivains québécois n'a pas manqué de saluer cette nomination, lui adressant ses sincères félicitations, rappelant que d'ores et déjà, le monde du livre tourne ses regards vers lui. 

 

« Nous espérons que monsieur Kotto prêtera une oreille attentive aux préoccupations des écrivains. Le portrait des conditions de pratique de la profession littéraire réalisé l'an dernier par l'Observatoire de la culture et des communications est éloquent quant à la précarité dans laquelle se trouvent les écrivains, dont le revenu médian est de 2450 $.

 

Rappelons que la littérature est une pierre angulaire de l'identité nationale et que favoriser les conditions socio-économiques des écrivains, c'est contribuer au rayonnement durable de notre culture », déclarait la présidente de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), Danièle Simpson.

 

Le prix unique du livre au Québec

 

C'est que le Québec vit actuellement un véritable renouveau, depuis le lancement d'une campagne Nos livre à juste prix. « Sans réglementation, c'est tout un pan de l'industrie culturelle qui est menacé de disparition, entraînant la suppression du vaste choix de titres disponibles aux lecteurs », expliquait Hervé Foulon, éditeur et président du Conseil consultatif de la lecture et du livre (CCLL). (voir notre actualitté

 

Et les politiques autant que les professionnels du livre avaient largement suivi ce mouvement en faveur d'un prix unique du livre. Le PDG du groupe Hachette, le romancier Marc Levy, et bien d'autres « La loi Lang, qui a institué le prix unique, a permis à la France de conserver et même de développer un réseau extrêmement dense de libraires. En protégeant les points de vente de petite taille ou de taille moyenne, contre une politique de prix cassés pratiquée par des réseaux dont ce n'est pas le cœur de métier », soulignait Arnaud Nourry

 

Soutenir l'industrie du livre - et la place des auteurs

 

Pour l'UNEQ, la nomination du ministre intervient à une période cruciale pour l'industrie, alors que d'un côté les droits des auteurs sont menacés avec l'élaboration de la nouvelle loi fédérale, et de l'autre, les professionnels qui font face à l'arrivée du livre numérique. Ainsi, « plusieurs enjeux risquent d'affecter la situation des écrivains : la relation entre l'écrivain et son éditeur, l'enseignement de la littérature québécoise, la réglementation du prix des livres, le chantier sur la Loi 51, mais aussi le soutien à la création littéraire et à sa diffusion par le Conseil des arts et des lettres du Québec dont le budget doit être bonifié », affirme l'UNEQ. 

 

Avec une certaine confiance, l'Union espère que le nouveau ministre saura écouter les acteurs du livre, pour améliorer les conditions socio-économiques des auteurs dans le pays. Tout en renforçant la force de ce secteur, primordial.