Maka Kotto : "une série de mesures" prochainement pour le livre

Clément Solym - 25.11.2013

Edition - International - prix unique du livre - Québec - Maka Kotto


Le 36e Salon du livre de Montréal devait être l'occasion de nouveaux événements, autour du mouvement Sauvons les livres. Depuis l'inauguration, jusqu'au paroxysme, lors de l'intervention du ministre de la Culture, Maka Kotto, les réclamations convergent toutes vers un objectif : une législation établissant un prix de vente unique pour les livres. 

 

 

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Le ministre de la Culture, Maka Kotto

Montreal metropole culturelle, CC BY ND 2.0

 

 

Le jour de la remise du prix Québec/Wallonie Bruxelles, ce 22 novembre, l'Union des écrivaines et écrivains québécois, a interpellé directement le ministre. Une centaine de libraires, éditeurs et auteurs ont demandé « quand le gouvernement déposera un projet de loi pour réglementer le prix des livres et ainsi donner suite au consensus historique en faveur d'une telle réglementation qui s'est dégagé l'été dernier en commission parlementaire ». 

 

Mais le ministre, dans sa réponse, ne s'est pas avancé sur le terrain législatif. « Je vous arriverai avec une proposition claire d'ici quelques jours. Mais souffrez encore quelques jours afin que le conseil des ministres lui-même soit saisi du contenu de la position que je vais présenter », a-t-il répondu. 

 

Durant une séance à l'Assemblée nationale, Maka Kotto avait souligné, devant les parlementaires, son désir de sauver le réseau de librairies indépendantes. L'UNEQ rappelle que le projet du ministre était de passer par une approche « structurée et équilibrée, que le dossier cheminait et qu'il allait incessamment proposer des mesures structurantes et porteuses pour le réseau de librairies indépendantes ». 

 

Très clairement, le ministre de la Culture ne souhaite pas s'aventurer ouvertement sur un quelconque projet de loi, sans toutefois l'exclure. «  Je ne parle pas de projet de loi. Je parle d'une série de mesures dont je ne peux pas dire le contenu ici aujourd'hui […] Je m'abstiens de faire tout commentaire relativement à la résolution que je présente au Conseil des ministres, résolution qui est en train de faire l'épreuve de tous les comités ministériels touchés de près ou de loin par les enjeux touchant au livre », poursuit le ministre.

 

"Si mon ministère avait été le seul impliqué,

ce problème serait réglé depuis longtemps" (Maka Kotto)

 

M. Kotto a également rappelé que son ministère n'était pas le seul concerné par cette question de prix unique. « Si mon ministère avait été le seul impliqué, ce problème serait réglé depuis longtemps », conclut-il. Dans le même temps, il faudra prendre des mesures pour adapter la loi 51, afin de répondre aux réalités numériques, et aux nouveaux écosystèmes du livre. Sauf que ce ne serait que du bout des lèvres que le ministère l'aurait envisagé.

 

Dans le même temps, le représentant de Coalition Avenir Québec, François Legault, a reçu la visite des représentants du mouvement Sauvons les livres. Élodie Comtois, représentante, a pu lui expliquer que si la CAQ est opposée à ce projet, il se positionne paradoxalement, contre ses propres positions de défense de l'entrepreunariat. « «  Le prix réglementé vise à éviter que les géants américains du commerce de détail et en ligne écrasent le réseau québécois de libraires par une guerre des prix sur les nouveautés, comme ce fut le cas en Angleterre et aux États-Unis », souligne-t-elle.

 

L'absence de réglementation serait la véritable nuisance pour le consommateur, puisqu'une fois en position dominante, les acteurs du net opéreront des augmentations de prix de vente, tout en menant la vie dure aux éditeurs, aux libraires, et aux auteurs. « Pourtant, les représentants de la CAQ ont participé aux travaux de la commission parlementaire et pu entendre les avis d'experts sur cette question. L'inflation sur les prix des livres est moindre dans les pays qui limitent les guerres de prix. Les monopoles néfastes sont ainsi évités. C'est simple à comprendre, mais la CAQ est déconnectée dans ce dossier », conclut Élodie Comtois.