Malcolm Gladwell, un amant délaissé par le revendeur de ses livres

Nicolas Gary - 03.06.2014

Edition - International - Malcolm Gladwell - Hachette Book Group - Amazon


James Patterson, auteur Hachette multimillionnaire, est devenu la figure de proue du combat de l'éditeur contre Amazon. Mais d'autres écrivains se sont lancé dans l'Amazon-bashing - et Malcolm Gladwell n'est pas le dernier. Dans sa déclaration, on a l'impression de lire la lettre d'amour d'un amant désoeuvré, que sa tendre et douce vient de larguer, au détour d'un trottoir. 

 

 

Malcolm Gladwell at F5Expo Vancouver April 7 2010

Fotagenic, CC BY SA 2.0, sur Flickr

 

 

Ecrivain, journaliste au New Yorker, Gladwell est né en Angleterre avant d'immigrer au Canada, et de vivre aux États-Unis. Ses ouvrages sont principalement axés dans les domaines de la sociologie et de la psychologie, avec un effort manifeste de vulgarisation.

 

« C'est une sorte de déchirement, quand votre partenaire vous met le feu. Au cours de ces 15 dernières années, j'ai vendu pour des millions de dollars de livres sur Amazon, ce qui veut dire que j'ai fait faire des millions de dollars à Amazon. J'aurais pensé que j'étais l'un de ses meilleurs atouts. Je pensais que nous étions partenaires dans une équipe qui allait bien. C'est une drôle de manière de traiter quelqu'un qui vous a fait gagner des millions », explique-t-il. 

 

Comme d'autres auteurs de Hachette Book Group, Gladwell a vu ses titres lourdement impactés par des délais de livraison excessifs - de 2 à 4 semaines, selon les auteurs. « Une stratégie contre-productive », estime-t-il. « Mes éditeurs, Amazon et moi, avons fait des affaires ensemble, dans une entreprise prospère. Nous devrions tous nous réjouir, ensemble, au lieu de nous battre. » [NdR : Gladwell est publié chez Little, Brown, filiale de HBG]

 

Et lui-même reprend l'image du David contre Goliath, avec un Amazon qui n'en sortira pas grandi : « Je ne pense pas que les êtres humains récompensent ceux qui leur font du mal. Si Amazon voulait faire quelque chose dans leur intérêt, je pense qu'ils feraient quelque chose dans mon intérêt. Ce n'est pas le cas. »

 

Il ne coupe pas court aux discussions, et laisse la porte entrouverte, au cas où la Pomponnette déciderait de revenir voir son Pompon. Mais selon lui, la réaction va finir par venir des auteurs, et Hachette sera là pour les porter. (via New York Times)