Malgré la reprise des auteurs quittent La Courte échelle

Julien Helmlinger - 10.12.2014

Edition - Les maisons - La Courte échelle - Chrystine Brouillet - Littérature jeunesse


Cette semaine nous apprenions que les éditions La Courte échelle, mise en faillite le 10 octobre dernier, ont trouvé de nouveaux propriétaires. Il s'agit de Raymond Talbot, ancien propriétaire des librairies Champigny et sa fille Mariève, qui prendra la responsabilité de la structure. Les acquéreurs se sont engagés à verser aux écrivains « qui poursuivront leur collaboration avec la nouvelle équipe » la totalité des redevances impayées en 2013 et 2014, soit près de 300.000 $ CA. Mais certains écrivains souhaitent recouvrer leurs droits où migrer vers une autre maison.

 

 

 

Tel est le cas de la romancière Chrystine Brouillet, qui a annoncé lundi qu'elle ne poursuivrait pas sa collaboration avec la maison d'édition québécoise. Les 38 titres qu'elle a publiés chez l'éditeur ne quitteront pas son catalogue, ce qui lui permet de recouvrer plus de 60.000 $ CA de droits d'auteur impayés, mais les prochaines enquêtes de la détective Maud Graham paraîtront aux Éditions Druide.

 

L'auteure s'explique : « Raymond et Mariève sont des gens sérieux, et je me réjouis que La courte échelle soit sauvée. Ma décision de transférer le personnage de Maud Graham aux Éditions Druide découle de l'expérience très positive que j'y ai vécue récemment lors de ma participation à l'ouvrage collectif Crimes à la librairie. Ça m'a donné envie de donner suite. »

 

Cette perte pourrait néanmoins être douloureuse à la maison, tandis qu'en 2012, La chasse est ouverte, une enquête de Maud Graham, s'est écoulée à plus de 30.000 exemplaires.


Annie Groovie, connue quant à elle pour avoir créé il y a 12 ans son cyclope en bonhomme allumette, Léon, s'est également dite soulagée par l'annonce de la reprise. Cependant, en apprenant que l'ancienne éditrice Hélène Derome était mandatée par les nouveaux propriétaires pour assurer la transition, elle a décidé de quitter le navire en abandonnant ses droits impayés depuis un an et demi.

 

Son bilan est amer : « Ça faisait deux ans que je voulais quitter La courte échelle, car j'y étais vraiment gardée prisonnière. J'ai enfin réussi à m'en sortir et à retrouver mes droits. [...] Pour moi, le plus important, c'était de ravoir mes droits. Dans les mois précédents la faillite, c'était dur de se faire payer. Ils n'avaient plus de sous et ils coupaient partout. C'est l'occasion pour moi de me lancer en affaire. En même temps, je ne voulais pas collaborer avec Hélène Derome. Elle m'a menti, m'a fait des promesses sans les tenir. C'était tout le temps comme ça. On s'est tous fait avoir. »