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Mana Books : “Les joueurs de jeu vidéo veulent des livres de meilleure qualité”

Antoine Oury - 25.01.2018

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Après les expositions, une place de choix dans les maisons d'édition : les jeux vidéo gagnent leurs lettres de noblesse, tandis que les différentes générations de joueurs souhaitent en savoir plus sur le 10e art et son histoire. Mi-2017, une nouvelle maison d'édition dédiée aux jeux vidéo a vu le jour, Mana Books, avec comme ambition de réunir le beau-livre et l'essai, en passant par la bande dessinée, dans son catalogue.




 

Selon un baromètre présenté par le ministère de la Culture en France, l’activité vidéoludique intéresse deux personnes sur trois. Sur l’année 2016, le secteur a généré 3,1 milliards € de chiffre d’affaires, soit une croissance de 5,7 % en regard de 2015.

 

Or, le versant éditorial des jeux vidéo n'est pas né d'hier : outre les bandes dessinées, les guides de jeu et les fameux artbooks, qui reprennent les dessins préparatoires et illustrations des jeux, ont su captiver les joueurs hors de l'écran. Ahmed Agne, cofondateur avec Cécile Pourrin de Ki-Oon, et lui-même joueur de la première génération, a voulu faire participer le groupe AC Media à l'aventure en lui créant un nouveau label, Mana Books.

 

Après plusieurs mois de préparation, le premier titre de Mana Books, une encyclopédie de la série Final Fantasy, est présenté au cours de la Japan Expo en juin 2017. « Ahmed Agne a surveillé les activités de la concurrence, et je connais moi-même le secteur », nous explique Philippe Vallotti, éditeur chez Mana Books après un passage chez Huginn & Muninn, qui fait justement partie de la concurrence de la maison d'AC Media.

 

Sur le marché du livre de jeu vidéo, on observe d'un côté les beaux livres chez des éditeurs grand public, comme Huginn & Muninn, de l'autre des essais et autres ouvrages rétrospectifs, chez Pix'n Love, notamment, ou des éditeurs généralistes. « Nous avons voulu travailler l'officiel, dans tous les domaines : l'artbook, la bande dessinée, la papeterie, mais aussi les essais ou les romans, en travaillant directement avec les studios », avance Philippe Vallotti.

 

Créer ses propres contenus éditoriaux est bien entendu l'objectif de la maison d'édition, mais une telle approche n'est pas toujours évidente avec des studios de jeu vidéo qui aiment contrôler les contenus réalisés autour de leurs licences. « Nous avons lancé les démarches auprès des studios pour le faire, en 2018 ou d'ici 2019 », assure l'éditeur. « À une époque où tout se numérise, le public du jeu vidéo aime avoir du matériel, particulièrement les fans hardcore qui vont exprimer ainsi leur affection pour une série ou une licence. »

 

De plus, les éditeurs de jeux vidéo eux-mêmes, cherchant à exploiter au maximum des licences qu'il est difficile d'imposer auprès du public, multiplient les médias : le jeu Overwatch a ainsi été précédé d'une intense communication et d'une série de comics pour faire apprécier ses personnages des joueurs. « De plus, les joueurs sont plus impliqués dans les développements des jeux, et leurs mécanismes. » 

 

Avec l'avènement, il y a quelques années, des packs collectors, les livres se sont retrouvés relégués au rang de goodies, souvent d'une piètre qualité : « Aujourd'hui, avec la nouvelle légitimité du jeu vidéo, les livres ont aussi changé : il faut rendre justice aux artistes, aussi bien au niveau des textes et des formats », analyse Philippe Vallotti.

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Pour le moment, Mana Books, diffusé par Interforum, se concentre sur les grosses licences du jeu vidéo, avec Overwatch, Metal Gear Solid, Mass Effect, Fallout ou Silent Hill, « le temps de nous installer en librairie ». « Nous avons des licences plus catalysantes, comme Overwatch, et les autres, comme Bloodborne, par exemple. Dans l'édition, il y a toujours l'équilibre entre les titres commerciaux et les autres, plus personnels, à travers la péréquation qui permet de financer certains titres avec d'autres. Nous avons cet arbitrage d'éditeurs à faire. »
 

 

L'un des plus importants défis pour la petite équipe du label et son diffuseur reste la présence dans les librairies, où le jeu vidéo n'a bien souvent pas droit à son rayon... En 2018, Mana Books prévoit tout de même 25 parutions, uniquement des traductions en attendant la possibilité de réaliser de l'exclusivité.




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