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Manifestation en Suède pour l'éditeur Gui MInhai, prisonnier de la Chine

Nicolas Gary - 14.07.2018

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La manifestation organisée à Stockholm devant l’ambassade de Chine en Suède aura regroupé des proches et amis. Ils réclamaient la libération de l’éditeur Gui Minhai, détenu depuis 1000 jours par l’Empire du Milieu. Avec en toile de fond le fait que, depuis quelque temps, des pressions émanent de cette même ambassade auprès de ses soutiens. 


Gui Minhai

 

 

Les signataires de la pétition pour la libération de l’éditeur Gui Minhai n’en revenaient pas : journalistes, écrivains ou politiques suédois ont reçu ces dernières semaines un email des autorités chinoises. Expédié depuis une adresse @gmail.com, il provient pourtant bien de l’ambassade, a-t-on confirmé, laquelle souhaitait « clarifier les faits ». 

 

Parmi les destinataires de ce courriel, le chef du Parti de gauche, Jonas Sjöstedt, qui s’emporte : « J’ai moi-même rencontré l’ambassadeur [chinois] à sa demande. Il a porté des attaques très dures contre Gui Minhai et a exprimé sa désapprobation face aux critiques publiques du traitement qu’en faisait la Chine, en maintenant captif Gui Minhai. »

 

Aucun commentaire officiel n’a toutefois été formulé depuis les services propres de l’ambassade, mais cette opération de persuasion ne plaît pas. Et c’est dans ce contexte que le regroupement du 13 juillet s’est déroulé. 

 

1000 journées de détention
 

À l’origine de ce mouvement, l’auteur et journaliste Kurdo Baksi : « Cette manifestation a deux objectifs : nous voulons indiquer à la Chine que nous n’oublions pas Gui Minhai, alors que 1000 jours de détention se sont écoulés. Nous voulons qu’il regagne la Suède. Le second point est que nous demandons au ministère suédois des Affaires étrangères d’agir plus fortement contre la Chine. »

 

Au cours d’un voyage en Thaïlande, l’éditeur Gui Minhai fut littéralement kidnappé par des agents chinois, le 17 octobre 2015. Sans procès ni procédure juridique fondée. L’an passé, les autorités chinoises avaient assuré de sa libération, mais le 20 janvier, il fut arrêté de nouveau. 

 

L’éditeur est connu pour des publications ouvertement critiques à l’égard du régime : il a notamment fait paraître des documents sensibles portant sur le président Xi Jinping et d’autres hauts fonctionnaires du pays. En riposte, la Chine avait prétexté de la parution d’ouvrages interdits dans le pays — un argument qui n’avait jamais été pris au sérieux.

 


 

La maison qui l’emploie, Mighty Current, est en effet basée à Hong Kong, et bénéficie à ce titre plus d’une grande liberté — tolérance, tout du moins le croyait-on — que les éditeurs du continent. Lui-même fut également auteur : dans les années 80, il comptait parmi les jeunes talents chinois, ayant publié des ouvrages de poésie. 

 

Museler une édition trop bavarde ?
 

L’affaire avait débuté par une vague d’arrestations, fin 2015, de personnes ayant toutes Mighty Current en commun : libraires et éditeurs disparaissaient mystérieusement. Avec le temps, les libérations s’étaient effectuées au compte-gouttes, mais Gui Minhai demeurait un problème pour le Parti communiste. 

 

Il était en effet apparu dans une vidéo particulièrement controversée en s’accusant lui-même, pour dédouaner les autorités chinoises. Il faisait part de remords incompréhensibles, à l’égard d’un délit de fuite, commis voilà 13 ans.

 

Puis, deux ans plus tard, alors que l’affaire s’enlisait : la Chine se murait dans un silence évocateur, tandis que l’éditeur rejaillissait. C’était au mois de février 2018. Il accusait cette fois la Suède, son pays d’adoption, de l’avoir manipulé et contraint à quitter l’Empire du Milieu, au mépris des risques juridiques encourus. 

 

« Avec du recul, il me semble que je suis devenu le pion de la Suède dans un jeu d’échecs », expliquait-il alors. « Ma splendide existence est ruinée et je ne ferai plus jamais confiance aux Suédois. »

 

Une réaction de la Suède impérative

 

Selon la loi chinoise, il aurait dû être traduit en justice dans un délai maximal de 40 jours après son incarcération de janvier dernier. « La Suède est un petit pays, mais c’est avant tout un pays avec un grand passé humaniste », relève Kurdo Baksi. « Et nous sommes actuellement à la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU. Par ailleurs, je crois que la Suède devrait augmenter le nombre de mouvements contre la Chine, en retirant un de ses diplomates, par exemple. »

Une présidence qui prendra fin d'ici au 1er janvier 2019 : la fenêtre de tir est restreinte...
 

Angela Gui, fille de Gui Minhai :
“L’optimisme de mon père est celui que décrit Voltaire.”

 

Le président du PEN suédois, Jesper Bengtsson, ainsi que la présidente de l’association des éditeurs, Eva Gedin ont apporté un soutien sans réserve. « Les actions des autorités chinoises contre Gui Minhai violent les principes fondamentaux du droit et constituent une violation grave des Droits de l’Homme », relèvent-ils dans un message commun.



via SVT




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