Manifeste Facebook : Pour lutter contre le Mal Bouquine

Clément Solym - 13.07.2009

Edition - Société - lutter - Mal - Bouquine


Un cri d'alarme pour le livre a été lancé sur le réseau social Facebook, incitant les amateurs de livres à se méfier « de la littérature livrée au kilo ». Nous en reproduisons ici le texte avec l'aimable autorisation de son créateur, Nicolas Grondin.


Pour lutter contre le Mal Bouquine


Parmi les tombereaux de livres qui se déversent chaque année en librairie, DEUX SUR TROIS sont des livres opportunistes : livres de commandes, livres de « parvenus » de la littérature qui en pondent un tous les six mois avec leur équipe de « documentalistes », livres d’éditeurs (ou de diffuseur) uniquement destinés à occuper du mètre linéaire sur les rayonnages, livres programmés pour être surmédiatisés et vendus pendant la durée du plan média, etc.

STOP !

Ces étrons de papier, fabriqués à la chaîne par des groupes d’édition de plus en plus puissants, étouffent la création sincère de centaines de maisons d’édition dites « petites ». Tout comme vous faites mieux attention désormais à ce que vous mangez, méfiez-vous de la littérature livrée au kilo.

1) Achetez autant que possible chez un libraire !

S’il n’a pas le livre que vous voulez, la loi Lang l’oblige aussi (c’est moins connu) à commander votre ouvrage. Sinon, changez de libraire.
La F*** n’est pas et n’a jamais été la panacée, il y a beau temps que sa réputation est surfaite en diable, elle vend les ouvrages à rotation rapide comme si c’était des consommables d’imprimantes et se fout du reste : « Agitateurs » ? Des clous !
Si vous n’avez pas de libraires proches, certains sites en ligne sont de vraies librairies, cherchez, vous trouverez.

2) Ne vous fiez pas forcément au logo d’un éditeur.


La plupart des maisons d’édition ne sont aujourd’hui que des marques de grands groupes dont le principal objectif est d’occuper tables et rayonnages, quitte à y mettre des « livres » de circonstance. Basez-vous sur les critères objectifs : le livre vous plaît, la quatrième est alléchante, les passages pris au hasard vont ont plu ? Faites-vous plaisir et au diable qui l’a publié si c’est bien fait.

3) Oubliez la critique et la médiatisation.


Seuls ces grands groupes ont aujourd’hui les moyens nécessaires pour faire parler de leurs productions, et le fait qu’« on en parle » n’est pas un gage de qualité, et souvent un indice du contraire. Il existe des sites de critiques libres, votre libraire est souvent de bon conseil s’il vous connaît bien, vos amis sont meilleurs juges que des critiques appointés et le bouche à oreille est plus honnête qu’un plumitif qui dit du bien d’Untel en espérant que sa prose inutile sera publiée chez l’éditeur de cet Untel.

4) Le livre est aussi un produit manufacturé…


Certains éditeurs font l’effort de faire imprimer en France et/ou sur des papiers écologiquement équitables. Ces indications sont en général portées sur les dernières pages du volume (le colophon). S’il vous faut choisir entre un qui l’est et un qui ne l’est pas… choisissez le bon.


Vous pouvez retrouver ce groupe à cette adresse, à condition de disposer d'un compte sur Facebook et d'être connecté. Pour contacter son Nicolas Grondin une adresse mail : pianic@orange.fr