Manuel Valls : de premier policier de France à Premier ministre

Nicolas Gary - 31.03.2014

Edition - Société - Manuel Valls - premier ministre - remaniement ministériel


Jean-Marc Ayrault a donc démissionné, fort logiquement, de son poste de premier ministre. Si certains clament déjà qu'il va pouvoir retourner jouer avec des avions à Nantes, c'est donc Manuel Valls, ancien ministre de l'Intérieur, qui a pris sa place. L'information, diffusée par France 2, a été confirmée par l'AFP, ce 31 mars, alors que le président, François Hollande, doit encore prendre la parole, ce soir, à 20h. 

 

 

 

 

 

« Pour la gauche, l'urgence est donc de redéfinir un projet qui suscite à nouveau l'espérance. En partant de sa ligne de clivage avec la droite (l'appréciation différente de l'origine des inégalités entre les hommes), Manuel Valls s'efforce de dessiner les contours d'une " utopie relative " pour le XXIe siècle. Donner à chaque individu les moyens de son autonomie devrait devenir la nouvelle frontière de la gauche. Alors que la droite tend toujours à minorer les contraintes sociales, la gauche a pour mission d'aider l'homme à s'en défaire à toutes les étapes de la vie. »

 

C'est ce que l'on pouvait lire dans un ouvrage publié aux éditions Stock, en 2010, par Manuel Valls, sous l'éloquent titre Pouvoir. Passant en revue la crise de la social-démocratie en Europe, face à un capitalisme largement critiqué, du fait de la récession, l'auteur évoquait la nécessité de respecter l'électeur qui réside au fond de chaque citoyen. « La réévaluation du projet suppose la révision de la méthode. À l'avenir, la gauche devra faire de la pédagogie la marque, le but et la force de ses discours. Partir du réel a toujours été et restera la seule manière de trouver des marges pour l'action. »

  

Un an plus tard, à peine, on passait du Pouvoir à la Sécurité, avec un autre ouvrage, paru aux éditions du Moment, qui donnait le ton : « Sécurité. La gauche peut tout changer », mais ce n'était pas tout. « Les Français ont peur. » 

Peur de la violence brute, qui frappe directement les personnes et ne cesse d'augmenter malgré l'empilement des lois et des mesures. Depuis bientôt une décennie, un homme, Nicolas Sarkozy, est censé conduire la lutte contre l'insécurité. Son bilan est calamiteux, mais, par un enchantement savamment entretenu par ses conseillers en communication, il est longtemps resté, dans l'opinion, le seul capable de rétablir la situation.

 

Et de critiquer de nouveau une gauche « gênée aux entournures sur le thème de la sécurité », et dont les propositions ne retenaient pas vraiment l'attention. « Manuel Valls refuse ce fatalisme et démontre, grâce à son expérience de terrain et des convictions fortes, qu'une politique responsable et innovante pourrait se substituer aux discours incantatoires de Sarkozy et [Marine] Le Pen », notait l'éditeur. 

 

Avec cette nomination au poste de Premier ministre, on s'éloigne progressivement de la devise républicaine, Liberté, égalité, fraternité. Sécurité, Pouvoir… la suite du programme arrive. Voici dans tous les cas, le programme culturel à l'occasion des primaires. Son approche visant le développement de l'éducation artistique et des pratiques amateurs pourrait avoir une certaine résonnance avec les intentions déjà affirmées par Aurélie Filippetti. Il souhaitait notamment « faire en sorte que chaque enfant du primaire puisse pratiquer une activité artistique et fréquenter les œuvres capitales qui s'y rattachent », et « préserver la diversité de la production et de la diffusion culturelle ». (voir Google Books)