Manuels scolaires : Pas de french Caen-Caen pour les libraires

Clément Solym - 10.12.2011

Edition - Librairies - manuels scolaires - librairies - association


Ça coince à Caen alors qu'une association exercerait une « concurrence » déloyale dénoncée par des libraires du centre de la ville. Au centre de cette querelle, les livres scolaires pour lycées, évidemment proposés moins chers chez l'une que chez les autres.

 

Laurent Layet est devenu le porte-parole, ou presque, du mécontentement : face à l'Association rotarienne des bibliothèques scolaires, ou ARBS, il ne pourra pas tenir la route bien longtemps. Cette association « cherche à signer des conventions avec des lycées de manière à capter la totalité ou presque des Cartes-livres des élèves pour leur relouer des manuels », explique-t-il à Caen Ma Ville.

 

 

Depuis la rentrée scolaire 2004, la Région Basse Normandie a instauré une Carte-Livre, plus modernement nommée Carte@too, sur un principe simple. Les élèves et leur famille perçoivent une aide financière, pour la location de manuels scolaires.

 

L'aide forfaitaire accordée par la Région est définie en fonction de la formation suivie par l'élève :

  • 75 € : 2nde de l'enseignement général et technologique.
  • 55 € : 1ère et terminale de l'enseignement général et technologique.
  • 55 € : BAC PRO du domaine tertiaire et en formation logistique.
  • 25 € : C AP, BEP, BAC PRO et Mention Complémentaire du domaine industriel et des services. (voir le site

Et ces sommes sont alors à investir directement chez le libraire de son choix : on alimente les commerces, on responsabilise les jeunes, on aide les familles, tout le monde est heureux.

 

Ou pas.

 

Parce que l'ARBS, surgie en 2002, est venue proposer une alternative plus attractive encore. Elle se présente en effet comme une « association sans but lucratif dont l'objet est de mettre à disposition des élèves la collection complète des livres scolaires dont ils ont besoin ».

 

Pour ce faire, elle propose d'encaisser le montant remis aux élèves pour les ouvrages et leur location, mais in fine, elle propose des livres ainsi loués à trois fois moins cher que le prix d'achat neuf. Et l'opération menée avec un établissement fait alors de l'ombre à l'activité des libraires, et Laurent Layet, en charge de l'affaire au sein de l'Association des libraires bas normands, est en colère.

 

D'abord, parce que lui et ses confrères perdent en chiffre d'affaires. Ensuite, parce que dans le lycée Malherbe, gros établissement de la région, l'association de parents d'élèves, Peep, vient de signer la convention proposée par l'ARBS. Or, sept autres établissements de la région ont également vu des accords similaires passés. Lionel Delcroix, directeur de ARBS précise : « Tous nos achats se font chez les libraires locaux proche des établissements. »  

 

On est effectivement loin, avec ce projet, des intentions de préserver le maillage de libraires de la région, et d'encourager à se rendre des les boutiques. Une concurrence malheureuse et déloyale, évidemment, contre laquelle la libraire Sylviane Lamerant, de Mémoranda, explique avoir pris contact avec un avocat.

 

Il ne reste plus qu'à attendre l'arrivée du même système de location de livres numériques, comme le propose un Amazon, pour les livres scolaires, justement, et l'on verra alors libraires et Association se retrouver, pour faire cause commune cette fois...