Marcelo Uribe, éditeur star au Mexique, demande un contrôle des prix

Antoine Oury - 06.12.2013

Edition - Economie - Mexique - réglementation - commerce du livre


À mesure que les marchés s'ouvrent vers l'international, tout en accueillant de nouveaux acteurs, les professionnels de l'édition demandent des réglementations sur la tarification du livre. Après le Japon, le Mexique et son secteur de l'édition font savoir toute l'envie qu'ils ont de voir aboutir une législation visant à limiter les remises sur les prix des livres.

 

 

Mexican Book Shop

Une librairie mexicaine (Chimpanz APe, CC BY 2.0)

 

 

Profitant de la tribune offerte par l'obtention d'une récompense pour sa carrière d'éditeur à la Foire du Livre de Guadalajara, Marcelo Uribe a posé la question d'une réglementation des remises sur les livres. À la tête des Ediciones Era depuis 1991, et vice-président de la Mexican Chamber of the Publishing Industry entre 2006 et 2010, il connaît plutôt bien la situation de la profession.

 

En 2008, il avait porté un projet de loi pour un prix unique du livre, doublé d'un organe de contrôle et d'une campagne pour la promotion de la lecture, projet « mutilé » au cours de sa transcription législative, assure-t-il. La loi assure en effet qu'aucune remise sur le prix n'est possible avant 18 mois d'exploitation, mais personne n'est chargé de contrôler ou sanctionner les manquements à cette règle, la rendant, d'après l'éditeur, « inutile, strictement ornementale et difficile à appliquer ».

 

« Les prix ont subi l'inflation, les remises abusives ont perduré, et les livres eux-mêmes ne sont plus au centre des méthodes de vente. Les monopoles se sont installés et les librairies ont fermé quand le libraire qui respecte la loi n'est pas récompensé et celui qui la transgresse n'est pas puni », a observé Uribe. Un rapport du CERLALC, pour Centro Regional para el Fomento del Libro en América Latina y el Caribe, organe de l'UNESCO pour la lecture, est venu renforcer son argumentaire : en 15 ans, ce sont 30 % des librairies mexicaines qui ont mis la clé sous la porte.

 

L'éditeur a qualifié l'absence de sanctions punitives dans la loi d'« erreur absurde », et a donc demandé au gouvernement de rectifier le tir.

 

(via Publishing Perspectives)