Marché Saint Pierre : arrêter une procédure détestable

Clément Solym - 13.10.2010

Edition - Justice - malheur - dames - interdiction


Vendredi, l'auteure du polar qui se déroule au Marché Saint-Pierre dans le XVIIIe arrondissement comparaîtra devant le TGI de Paris, ce vendredi. Pour mémoire, ledit marché n'avait pas apprécié que, même fictifs, des crimes prennent place en son sein...

Pathétique ? Oui, assurément, mais pour Lalie Walker, la situation vire carrément au cauchemar : si le livre en lui-même n'a rien d'un polar éblouissant, qu'en est-il de la liberté d'écrire en puisant dans le réel quelques éléments qui posent un contexte ? (notre actualitté)

L'affaire vire encore plus au tragique quand la société gérant le marché s'en prend à l'éditeur, l'auteure et réclame le retrait du livre, suivi de son interdiction, accompagnés de deux millions € de dommages-intérêts. On ne frise plus simplement le ridicule, on y patauge. De là l'intervention du groupe PCF/PG, qui réclame une peu de bon sens...


Le Marché Saint Pierre

Pour Ian Brossat, président, et élu PCF du XVIIIe, trop, c'est trop : « La procédure détestable engagée par le Marché Saint-Pierre se poursuit. Je n’imagine pas que le tribunal puisse condamner l’écrivain et son éditeur, ni interdire le livre. Je tiens d’ailleurs pour parfaitement scandaleux que le droit à l’imagination et à l’écriture puisse être remis en question de manière aussi grossière et inepte. »

Et d'ajouter dans un communiqué que cette ambiance où l'on arrive à demander un droit de réserve à des romanciers voire une retenue abusivement commence vraiment à suffire. Une position qui rejoint celle déjà exprimée par le Conseil de Paris, qui, en mars, avait estimé que « les poursuites judiciaires portent gravement atteinte à la liberté d'expression ».

Dans cette histoire, le ministre de la Culture n'a toujours pas donné signe de vie, alors que Ian Brossat, mi-mars, déplorait justement un silence assourdissant de la part de Frédéric Mitterrand. « On attendrait de lui qu'il défende la liberté d'expression et qu'il soutienne les créateurs. J'en appelle à lui pour qu'il sorte de son mutisme. »