Margaret Atwood revient sur les tentatives pour voler son dernier roman

Cécile Mazin - 10.09.2019

Edition - International - atwood - servante écarlate - piratage


Les pirates n'avaient pas ménagé leurs efforts afin de dérober le dernier roman de Margaret Atwood. Il sort ce 10 septembre en anglais et apparaît comme l’un des évènements littéraires de l’année. La Canadienne s’est confiée sur ces actes malveillants, lors d'une conférence, à Londres, pour la présentation de The Testaments, la suite la Servante écarlate (1985). Elle a tenu à exprimer sa gratitude envers son éditeur qui, a priori, est parvenu à se prémunir des attaques. 

CC BY-SA 2.0


« Est-ce que je suis un peu submergée par ça ?, a-t-elle déclaré. Je suis très contente et reconnaissante envers les lecteurs qui ont tenu bon avec moi durant toutes ces années et les équipes de personnes ici (en Angleterre, ndlr), aux Etats-Unis et au Canada, qui ont travaillé un nombre incroyable d’heures à tout mettre en place et à essayer de garder le secret parce qu’il y a eu des efforts concertés pour dérober le manuscrit. (…). Autant que l’on sache, cela n’a pas eu lieu, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé. Il y a eu plein d’emails bidons de gens qui essayaient d’obtenir ne serait-ce que trois pages, voire moins », rapporte The Bookseller.

Plusieurs attaques avaient en effet eu lieu : au cours des six mois « la plupart des personnes associées publiquement à The Testaments ont été ciblées par des pirates, déterminés à obtenir un exemplaire du manuscrit avant sa parution », indiquait Karolina Sutton, l’agente littéraire d’Atwood. Certaines auraient même pu s’avérer concluantes tant les tentatives de phishing (hameçonnage), utilisant des adresses mail frauduleuses, étaient impossibles à distinguer des vraies… 
 

Respecter les embargos, ou... payer


Les enjeux sont évidents : mettre la main sur le manuscrit pour pouvoir faire chanter l’éditeur en menaçant d’en dévoiler le contenu à l’avance. En l’occurrence, l’éditeur britannique de l’ouvrage, Chatto & Windus, filiale de Penguin Random House UK. Dans le cas d’Atwood, dont le roman est l’un des plus attendus de ces dernières années, on comprend aisément la motivation des pirates. 

Mais, bien entendu, cette conférence a été l’occasion pour Margaret Atwood d’évoquer de nombreux autres points, comme son processus d’écriture — elle a beaucoup écrit à bord d’un train –  ou un éventuel troisième tome. Sur ce point, elle s’est contentée d’un « il ne faut jamais dire jamais »… de quoi faire espérer les nombreux fans. Sans surprise, le contexte politique américain a été évoqué, en ce qu’il donne une résonance particulière à son livre.

Enfin, elle a aussi exprimé son mécontentement vis-à-vis d’Amazon, qui a expédié le livre une semaine trop tôt aux États-Unis ! Elle pense qu’il devrait y avoir une pénalité financière dans ce cas de figure, que l’erreur soit intentionnelle ou non. Idem pour le non-respect des embargos par les médias. L’argent obtenu serait ensuite versé aux libraires indépendants. 

À l’occasion de cette conférence de presse londonienne, l’autrice en a aussi profité pour lire un extrait de son livre, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous.




À noter que la version française du roman, Les Testaments, sortira le 10 octobre (traduction : Michèle Albaret-Maatsch)
 


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