Mario Vargas Llosa exprime son admiration pour Victor Hugo

Clément Solym - 20.06.2008

Edition - Société - Mario - Vargas - Llosa


Dans son livre La tentation de l'impossible Mario Vargas Llosa se frotte à nouveau avec brio au difficile exercice de l'essai littéraire. On se rappellera L'Orgie Perpetuelle un excellent essai sur Flaubert et Madame Bovary de la main du même écrivain. Quand Mario Vargas Llosa s'attaque à Hugo et à ses Misérables, on ouvre bien grand les yeux et les oreilles et on apprécie ce moment de bonheur et de culture.

Le « choc Hugo »

Et c'est certainement ce que nos confrères du Monde ont fait car ils ont eu l'occasion de rencontrer l'écrivain dans sa maison parisienne et de l'entendre parler de Victor Hugo. Il faut savoir en premier lieu que Hugo a été un véritable choc pour l'écrivain. Et le « choc Hugo », Mario Vargas Llosa l'a reçu en 1950 alors qu'il était âgé de 14 ans et résident d'un pensionnat de l'école militaire Leoncio Prado de Lima. En découvrant Les Misérables le jeune Mario a pu casser « la routine abrutissante » de sa vie à l'école militaire et sentir que « La vie splendide de la fiction donnait la force de supporter la vie véritable. Mais la richesse de la littérature rendait plus pauvre, aussi, la réalité réelle. »

Dans cet entretien, l'auteur explique la force de Victor Hugo mais aussi les reproches qui lui ont été faits. Et sa pensée rebondissante le mène à des considérations plus générales sur la littérature. L'auteur se pose une question qui ferait pâlir plus d'un lycéen passant son bac de philo.

La littérature peut-elle « subvertir l'ordre social ? ». L'écrivain concède bien volontiers que « comme il est pratiquement impossible de prouver que les chefs-d'oeuvre les plus marquants, des tragédies de Shakespeare aux romans de Faulkner, en passant par Don Quichotte et Guerre et Paix, aient provoqué le moindre bouleversement politique et social, cette idée de la littérature comme activité délassante et inoffensive a fini par rencontrer une acceptation généralisée dans les sociétés ouvertes de notre temps » cependant il refuse l'idée que « la littérature puisse être une forme d'amusement, même élaboré et sophistiqué. Si c'est un divertissement, ce doit être un divertissement problématique ».

Par la suite Mario Vargas Llosa évoque la relation de Victor Hugo avec les femmes, et reviens sur des côtés plus sombres de l'auteur des Misérables, ou encore l'usage qu'il faisait de l'espagnol pour cacher certains secrets.

Alors pour retrouver le compte rendu de cette rencontre avec Mario Vargas Llosa, il vous suffit de suivre notre lien vers Le Monde.