Mario Vargas Llosa, Nobel de littérature, apparaît dans le scandale #PanamaPapers

Nicolas Gary - 08.04.2016

Edition - International - Mario Vargas Llosa - Nobel littérature - évasion fiscale


La presse espagnole et d’Amérique du Sud reste sous le choc. Dans la liste des personnalités que recense le scandale fiscal #PanamaPapers, la présence de l’écrivain Mario Vargas Llosa fait l’effet d’une bombe. Le prix Nobel de littérature, qui fait son entrée dans la Pléiade, figure comme actionnaire d’une société montée par la société Mossack Fonseca, au cœur de toutes les révélations.

 

Mario Vargas Llosa

Daniele Devoti, CC BY 2.0

 

 

Selon les documents consultés par El Confidencial, une société nommée Talome Service Corp. fut créée par Vargas Llosa avec son ex-femme, Patricia, en 2010. Tout cela a été opéré par l’intermédiaire de David Marriner, directeur d’une société néerlandaise, Pan-Invest Management, basée à Chypre et au Luxembourg.

 

« Lorsque nous avons acquis la société, nous l’avons fait avec l’exigence que mes clients soient des actionnaires directs. Cependant, leurs exigences ont changé et, alors que la société n’était pas encore engagée, nous avons changé d’actionnaires », a répondu Marriner. 

 

Plusieurs emails échangés indiquent en effet que les avocats de Mario Vargas Llosa avaient demandé que son nom, ainsi que celui de son épouse, ne figurent pas dans les noms des actionnaires. La dernière demande fut formulée le 6 octobre, alors que le lendemain, l’écrivain recevait le prix Nobel de littérature. Le 12 octobre, deux noms russes remplacaient ceux des Llosa. 

 

Sur les mille actions de la société, Vargas Llosa et sa femme disposaient de 500 actions chacun. Ainsi, ils ne contrôlèrent la firme qu’au cours de cette brève période. 

 

L’agence littéraire représentant le romancier évoquait dans un premier temps « une information étrange. Elle ne peut être attribuée qu’à un conseiller en placement ou un courtier, sans l’accord de monsieur Vargas Llosa ». Ainsi, les époux n’auraient été actionnaires de la société, basée dans les îles Vierges britanniques, qu’un seul mois. 

 

L’agence littéraire poursuit : « M. Vargas Llosa a toujours respecté toutes ses obligations fiscales envers l’Espagne, ainsi que dans les autres pays, où il a eu des relations économiques et fiscales. » Jamais les époux n’ont « entretenu des comptes bancaires dans ces pays, ni n’ont été impliqués avec les avocats de Mossack Fonseca, et n’ont jamais eu de fonds ni de biens à cette époque, à travers une société », conclut l’agence.

 

L’auteur ne s’était jusqu’à présent pas officiellement exprimé, sinon par l’intermédiaire de son agence, mais il a fini par intervenir. « Si un gouvernement les accable d’impôts, les contribuables sont tentés de s’y soustraire », explique-t-il. « Cette entreprise n’a existé que durant cinq semaines. Je n’y ai jamais mis un dollar parce plus que je n’ai effectué un mouvement économique. »

 

Il ajoute, sur le ton de la plaisanterie : « Je suis habitué à recevoir des coups bas. »

 

 

 

De cette affaire #Panama Papers, le Nobel a expliqué : « Cela dit, qu’il ya des gens qui ont beaucoup d’argent et qu’ils cherchent des manières pour s’évader ou réduire au moins ses obligations fiscales. [...] Il y a des pays qui grâce à cette situation progressent, comme Panama, comme ce fut le cas de la Suisse. [...] Il faut accepter que c’est une réalité de nos jours, et il faut la combattre avec la loi. [...] Il y a des pays où les pays sont comme des expropriations [...] des menaces terribles pour l’avenir » peuvent considérer les contribuables. (rapporté par France inter)

 

En début de semaine, c’est l’éditeur et propriétaire de la maison éponyme, de bande dessinée, Jacques Glénat, qui fut cité dans cette affaire. La société fut rachetée en 2009 et totalement démantelée en novembre 2014.

 

Le prix Nobel, âgé de 80 ans, a été reçu à Paris en début de semaine à l’occasion d’une cérémonie qui se déroulait à la Sorbonne, en collaboration avec l’Institut Cervantes.