Marlon James, lauréat du Booker Prize, écrit “un Game of Thrones africain”

Antoine Oury - 16.12.2015

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Marlon James, le premier Jamaïcain lauréat du Man Booker Prize, ne s'arrêtera pas à cette seule distinction : l'auteur de A Brief History of Seven Killings a assuré qu'il allait « geeker comme un malade » pour mettre sur pied sa propre saga fantasy. On pourrait croire à une boutade, mais les motivations de James sont sérieuses, et l'auteur cherche avant tout à se confronter à un genre et à ses codes.

 

Marlon James NYPL Live 2014-12-15

Marlon James, en 2014 (Houari B., CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Marlon James avait déjà publié deux ouvrages, John Crow's Devil (2005) et The Book of Night Women (2009), mais le Booker Prize pour A Brief History of Seven Killings a définitivement changé sa carrière. Le seul fait qu'il soit le premier auteur jamaïcain récompensé lui confère un statut particulier, bon gré mal gré. A Brief History of Seven Killings revient sur la tentative d'assassinat dont furent victimes Bob Marley et les Wailers, le 3 décembre 1976, à Kingston.

 

Dans un entretien au journal Man of the World, Marlon James évoque la suite de sa carrière, forcément changée : disposant de plus de temps pour se consacrer à ses écrits, l'écrivain souhaite « geeker comme un malade » pour son prochain livre, qu'il imagine comme un « Game of Thrones africain ». Black Leopard, Red Wolf sera sa réponse à l'actuel engouement autour de la saga de G.R.R. Martin, avec un côté afrocentriste en plus.

 

En effet, « je me suis rendu compte à quel point j'étais fatigué de discuter s'il devait y avoir ou non un Hobbit noir dans Le Seigneur des Anneaux. Le folklore africain est tout aussi riche, et tout aussi pervers que tous ces trucs-là. Nous avons des sorcières, des démons, des gobelins, des rois despotes. [...] On fait deux fois mieux que les Tudors », promet Marlon James.

 

La parution d'une fresque fantasy marquée par la culture black ferait sans aucun doute son petit effet : outre Tolkien que l'on soupçonne régulièrement de racisme, la fantasy a parfois du mal à considérer les penchants racistes de quelques-uns de ses plus fameux représentants, dont Lovecraft.

 

S'il prend en compte ces enjeux dans l'écriture de sa saga, James assure qu'il ne fera pas les choses à moitié : « Une centaine de pages pour décrire un village? Carrément! Un gros appendice sur les techniques magiques? Bien sûr! Deux cents pages sur des nains qui vivent sous terre? Oui! », confie-t-il, amusé, au Man of the World.

 

 

 

(via Vulture)