Maroc : Le journal du prince rouge ne sera pas censuré

Julien Helmlinger - 11.04.2014

Edition - International - Maroc - Censure - Moulay Hicham


Ce jeudi, une source ministérielle aurait confirmé à l'AFP que le gouvernement marocain accorderait finalement son autorisation pour que puisse être importé le livre controversé de Moulay Hicham. Celui que l'on surnomme le prince rouge, cousin du roi Mohammed VI, qui se trouve désormais exilé aux États-Unis. Intitulé Journal d'un prince banni, l'ouvrage paru ce mercredi à travers l'Hexagone, aux éditions Grasset et Fasquelle, n'épargnerait pas les vives critiques quant au fonctionnement de la monarchie marocaine.

 

 

 

 

Moulay Hicham El Alaoui a rompu avec le régime marocain au tournant des années 2000, et doit son surnom à ses prises de position en faveur de la démocratisation du pouvoir monarchique. Dans son ouvrage il raconte notamment comment un membre de la famille royale aura fini par se mettre au ban de la politique, pour avoir choisi d'agir en intellectuel indépendant plutôt que de faire du zèle avec son devoir de réserve.


À la mort de son oncle Hassan II, en 1999, le règne de Mohammed VI s'annonçait plus démocratique. Mais pour Moulay Hicham, interrogé en avril par Le Monde, il s'agirait finalement d'un « rendez-vous raté avec l'Histoire ». En ce temps l'auteur expliquait vouloir « éclairer les gens, contribuer au débat et, dans ce cas précis, faire comprendre une partie de l'Histoire contemporaine de mon pays ».

 

L'AFP s'est fait signaler, par un responsable du ministère de la Communication, que malgré les craintes de censure, le royaume confirmerait qu'un accord a été donné pour importer le livre. Moulay Hicham, quant à lui, avait expliqué ce mercredi à l'antenne d'Europe 1 qu'il ne savait pas s'il serait ou non publié en son pays natal.

 

Il avait confié : « On me demande souvent ce que signifie être banni. [...] Ce livre lui-même peut être banni. Un douanier au Maroc peut vous demander votre exemplaire parce qu'il serait intéressé, il aurait envie de le lire, mais aucun libraire n'osera le commander, sous peine d'un redressement fiscal ou de se retrouver avec la facture d'électricité de l'usine en face ! »

 

En tous les cas, selon l'AFP, des copies du livre auraient déjà commencé à circuler sur la toile, et via messageries électroniques.