Le TTIP, trop complexe, sera examiné plus tard au Parlement européen

Antoine Oury - 10.06.2015

Edition - International - traité transatlantique TTIP - vote Parlement européen - Martin Schulz


Même le Parlement européen se sera heurté au secret et aux complexes ramifications qui entourent le traité transatlantique, TTIP de son petit nom. Ce document, qui concerne les relations commerciales entre Union européenne et États-Unis, est tenu secret depuis sa rédaction, et s'est attiré une forte opposition de la part des citoyens. Le vote du Parlement européen était une étape de routine, mais les quelque 200 amendements qui l'accompagnent ont eu raison du président du Parlement, Martin Schulz.

 

Parlement européen - Bruxelles

Devant le Parlement européen, à Bruxelles (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Un débat devait précéder le vote au Parlement européen, aujourd'hui même, mais seul le débat aura finalement lieu, avait souligné Martin Schulz, président du Parlement. Le projet de résolution a ainsi été renvoyé en commission, en raison du grand nombre d'amendements. Et le débat lui-même a été reporté, après un vote des députés.

 

Les débats dans les différents pays de l'UE sont encore vifs, d'autant plus que de députés, en majorité socialiste, ont déposé un amendement demandant l'exclusion claire et totale des mécanismes d'aide publique du mandat des négociateurs des États-Unis et de l'UE. Les opposants au TTIP assurent qu'un tel texte pourrait permettre à des sociétés privées de contester des aides publiques, entre autres, en tant qu'entrave à la libre concurrence.

 

Certains députés estiment que le vote a été repoussé en raison de la grande division qui règne au sein des partis politiques sur le TTIP : les résultats auraient été trop éparpillés, et auraient à nouveau mis en avant l'ignorance générale vis-à-vis des tenants et aboutissants du texte, toujours inconnus.

 

Dans le monde de l'édition aussi, la résistance au traité s'est exprimée, particulièrement par la voix des traducteurs. L'exception culturelle n'était pas exclue du mandat des négociateurs, ce qui laissait planer le risque, là aussi, d'une contestation des politiques publiques par des sociétés privées. Jean Bizet, président de la commission des affaires européennes (groupe UMP, Manche), a assuré le 28 mai dernier que la diversité culturelle était exclue du mandat des négociateurs, sans plus de précisions.

 

Nous avons tenté de joindre le sénateur à plusieurs reprises, sans succès pour le moment.

 

(via Le Soir, Les Échos)