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Martine Aubry : La France 'doit offrir à chacun le meilleur de la culture'

Clément Solym - 26.07.2011

Edition - Société - aubry - mitterrand - printemps


Chacun sa tribune. Et après le ministre de la Culture, c'est au tour de la première secrétaire du parti socialiste de s'emparer des colonnes du Monde, pour exprimer son point de vue sur la Culture. Frédéric Mitterrand avait été formel : « Une politique de la culture ne se construit pas en lançant quelques chiffres. » (notre actualitté)

Réponse de Martine Aubry, en bonne et due forme : « La création et la culture ne sont pas un luxe en temps de crise, elles offrent au contraire des atouts pour en sortir. Un pays qui affaiblit la création, l'innovation et la recherche ne prépare pas son avenir. Sauf à s'appauvrir, notre pays doit offrir à chacun de ses enfants le meilleur de la culture. » Et bim.


La guerre sur le monde de la Culture est donc ouverte, ouvertement ouverte, et les réponses du berger à la bergère ne manquent pas d'entrain. Martine Aubry, candidate à la présidentielle, pointe évidemment son désir de faire de la Culture un enjeu majeur de 2012, affirmant notamment son envie « de soutenir la création ».
Certes, le travail des artistes ne va pas sans l'incertitude. Mais fallait-il que cette décennie enfonce la plupart d'entre eux dans l'ultraprécarité ? D'abord, répondons concrètement à leurs besoins par des lieux !

Je propose de multiplier des espaces souples et interactifs, des coopératives artistiques, où les équipes créatives, les associations, la population se rencontrent, autant pour expérimenter que pour partager. Où les cultures du monde se découvrent et s'enrichissent.
Et d'affirme sa volonté de « consolider et de rendre plus juste un régime, l'intermittence », pour donner un statut plus stable aux artistes. Interpellant même Bruxelles, la candidate estime que l'Union européenne doit s'engager dans le soutien et la régulation, autant que la France elle-même se doit de le faire. Le discours est plaisant, mais reste assez flou.

Et de sarcler Hadopi, comme elle avait déjà su le faire :
Une politique culturelle digne de ce nom ne se contente pas de réparer, elle prépare l'avenir. Le numérique est « notre » révolution culturelle. Une telle révolution ne se combat pas avec des lois répressives et inefficaces, elle nous invite à libérer un potentiel de création, de diffusion et de partage sans précédent.

Réussir cette transformation exige d'innover, de construire avec tous de nouvelles règles, une intervention publique adaptée pour faire émerger les nouveaux modèles de production et de distribution, pour moderniser nos lois, sans jamais renoncer à soutenir les artistes et leurs droits que bafouent ceux qui s'enrichissent en pillant leurs créations.
L'intégralité de sa tribune est à consulter sur le site du Monde.


Crédit photo Flickr LCP