Massacrer la langue française : entre pléonasme et théories du genre

Clément Solym - 04.09.2014

Edition - Les maisons - massacrer français - langue écriture - orthographe valeur


Rien de tel, en période de rentrée des classes, que de rappeler la France à son français. Jean Maillet, qui publie aux éditions de l'Opportun Langue française Arrêtez le massacre !, entend rappeler quelques évidences. Avec l'institut Mediaprism, un sondage réalisé auprès de 894 Français entend démontrer que, dans l'Hexagone, toute histoire d'amour commence bien avec la langue.

 

 

Langage, écriture spontanée

valilouven, CC BY NC SA 2.0

 

 

Selon les résultats, nos compatriotes seraient 83 % à considérer que les personnes connues, sportifs, journalistes ou personnalités politiques, ne devraient pas commettre d'erreurs orthographiques. Celui qui « commet des fautes de français donne une mauvaise image », alors qu'ils ne sont que 39 % à « réclame[r] de l'indulgence » et 7 % « à n'accorder strictement aucune importance » à ce point. 

 

Autre point sensible – et malheureusement, le nom de Ribery pourrait facilement venir – les sportifs sont les plus désignés comme responsables du massacre organisé. 78 % des personnes interrogées estiment que les sportifs sont les plus nombreux à se prendre la langue dans le tapis, contre 51 % pour les célébrités (acteurs, chanteurs…) et à seulement 19 % pour les journalistes et les hommes politiques.

 

L'anglicisme fait aussi hérisser le poil : 13 % des sondés en emploient, contre 29 % chez les 18/24 ans. « Les anglicismes les plus agaçants sont : “investiguer” (62 %), “has been” (58 %) et “faire le buzz” (53 %). Ce dernier arrive même en tête des anglicismes détestés par les plus de 50 ans ! » 

 

Enfin, les pléonasmes ont tendance à excéder les Français : l'expression tri sélectif est employée par 7 personnes sur 10 et 21 % pensent que la formulation est incorrecte. En revanche, ils revendiquent la potence et le gibet pour « au jour d'aujourd'hui », « s'avérer exact » et « répéter la même chose ». Notons enfin que les pléonasmes « s'avérer exact » et « secousse sismique » sont perçus comme tels par seulement 1 Français sur 5 !

 

Polémique sur la théorie du genre oblige, certains mots de notre vocabulaire posent de légers soucis. Ainsi, augure, soldes et apogée sont difficiles à accorder – féminin ou masculin, que t'en semble, lecteur ? – pour 3 Français sur 5. Ainsi 86 % des personnes interrogées confondent naguère et jadis – Verlaine ne portera pas le chapeau – et 70 % ne font pas de différence entre conséquent et important.

 

Cerise sur le gâteau : 68 % donnent le même sens à commémoration et célébration ; 66 % ne voient pas de différence entre achalandé et approvisionné.

 

Exclusif : 0 % des sondés n'ont encouragé aux sévices corporels à coups de Bescherelle pour mettre un terme à ces exercices d'incivisme linguistique.