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Matthieu de Montchalin seul repreneur pour Sauramps : débrayage des salariés

Clément Solym - 24.01.2017

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Trop, c’est trop. les salariés de Sauramps, excédés par le comportement de la direction, ont exercé leur droit de grève. Alors que les trois établissements du groupe sont mis en vente, une certaine cacophonie règne autour des offres des repreneurs. De deux dossiers, voici qu’on passe subitement à un seul.

 

Librairie Sauramps Montpellier

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Débrayage, comme promis, chez les salariés devant la librairie du Triangle, le centre commercial montpelliérain. « La direction nous avait promis de présenter les dossiers des deux repreneurs, et soudainement, il n’y en a plus qu’un seul », s’agace-t-on. L’offre de Benoît Bougerol, déposée le 12 janvier dernier, aurait été écartée au profit de celle de Matthieu de Montchalin... présentée bien plus tardivement, ce 23 janvier. C’est en suivant que la direction a notifié qu’elle retenait cette dernière.

 

« Pourquoi avoir fait traîner, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’une seule offre de reprise ? » La question est presque rhétorique. La grève, « parce qu’il fallait marquer le coup », dénonce une fois de plus le comportement de la direction : « Plus rien n’est fait dans les règles. »

 

 

 

Ce 27 janvier, le Comité d’Entreprise et les représentants du personnel (pour Odysseum et Alès) sont convoqués à présenter leur avis – strictement consultatif – sur la seule offre retenue. Il s’agit là de la dernière phase légale avant la signature d’un acte de cession.

 

En l’état, c’est un projet de 10 pages qui a été présenté, pour le rachat d’une entreprise qui représente plus de 26 millions € de chiffre d’affaires. « On ne peut absolument pas affirmer que la pérennité du groupe est garantie à la lecture de ce document. Pas plus que le maintien des salariés ni des établissements. » Comprendre : des emplois qui ne seraient pas sécurisés et la revente de l’un des lieux de Sauramps envisageable.

 

Les salariés réclament désormais, et derechef, de pouvoir comparer l’offre qu’on leur a communiquée à celle de Benoît Bougerol. « Elle existait voilà 10 jours, et disparaît soudainement : nous aimerions voir, au moins, s’il n’y a pas quelques idées à reprendre. »

 

Sollicité par ActuaLitté, Benoît Bougerol confirme avoir déposé sa première offre le 25 novembre 2016. « Depuis 7 ou 8 mois, avec mon fils, nous avons étudié en détail le dossier de reprise, rencontré les banques, les partenaires possibles, l’ADELC, mais également les éditeurs, en vue du rachat. »

 

Mais, à deux reprises, et à la demande des actionnaires, il lui aura demandé de repousser la date de validité. « La dernière échéance était fixée au 17 janvier, et, depuis, je n’ai plus eu d’échange avec Jean-Marie Sevestre », le patron du groupe Sauramps. « En somme, j’en déduis simplement que mon offre est caduque, puisque sa date de validité est dépassée. »