McDonalds attaqué en Australie sur sa politique de promotion de la lecture

Antoine Oury - 19.08.2015

Edition - Société - McDonalds - Australie - livres Happy Meal


En permettant aux mangeurs de Happy Meal de se constituer une bibliothèque, avec une option livres à la place des jouets dans les menus pour enfants, McDonalds redorait quelque peu son image : il était au moins possible de garder un esprit sain. Mais, en Australie, l'alternative a interpellé un groupe de sensibilisation à la santé des enfants, qui dénonce une campagne qui chercher à légitimer la malbouffe, sous couvert de culture.

 

Publicité Nathan - McDonald´s

Publicité McDonalds France (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

The Parents’ Jury, le groupe de défense en question, s'est attaqué à la campagne publicitaire de la chaîne de fast-food, auprès de l'Advertising Standards Bureau. L'opération propose 10 titres différents au format papier, et 16 ouvrages numériques, et Alice Pryor garantit que des cadeaux littéraires auraient pour conséquence de multiplier les occasions de mal manger. « En tant que parent, il est beaucoup plus délicat de dire "non" à un enfant lorsqu'il réclame un livre que lorsqu'il veut un jouet Minion », assure la responsable des opérations de The Parents' Jury.

 

Pour se constituer la bibliothèque idéale de McDonalds, calcule-t-elle, les enfants devraient dévorer 23 Happy Meals en deux mois : selon elle, les ouvrages devraient être fournis avec un menu spécial, rassemblant nuggets, pomme et eau, à la place des sodas, french fries et autres hamburgers. De quoi dégoûter définitivement de la lecture ?

 

Une porte-parole de la chaîne de restauration a réagi : « Affirmer que des parents vont emmener leurs enfants manger 23 Happy Meal en 2 mois est ridicule. En fait, nous savons que les parents emmènent en moyenne leurs enfants chez McDonalds 2 fois par mois. Et comme tous nos jouets, les livres sont disponibles à l'achat, pour 2 $ », rectifie la marque.

 

Les menus diététiques sont disponibles, par ailleurs, rappelle la porte-parole, mais Pryor ne démord pas : selon elle, la nourriture plus saine est régulièrement en rupture de stock, contrairement à tout ce qui baigne dans l'huile. (via The Herald Sun)

 

Si l’on se fie à Ursula K. Le Guin, il se pourrait d’ailleurs qu’Amazon et McDo marchent un jour, main dans la main, vers des lendemains de malbouffe littéraire qui chantent. « Amazon utilise la machine à best-sellers pour nous vendre de la graisse sucrée pour vivre, et nous commençons à penser que c’est ce qu’est la littérature », avait balancé la romancière. À méditer.