Mea Culpa en demi-teinte du grand patron de Planeta

Cécile Mazin - 24.04.2014

Edition - International - grupo Planeta - Jose Manuel Lara - roie d'Espagne


Début avril, une tempête politico-éditoriale agitait l'Espagne. Le groupe Planeta publiait le livre de la journaliste Pilar Urbano, où se retrouvait une photo particulièrement sensible. Prise par le fils de l'ancien chef du gouvernement, elle aurait été utilisée sans avoir obtenu les droits au préalable. Qui plus est, elle présenterait le père en présence du roi, et selon Aldolfo Suárez Illana, à l'origine de la plainte, elle le mettrait en défaut. 

 

 

Grupo Planeta

UTPL Unidad de Gestión de la Comunicación, CC BY NC SA 2.0, sur Flickr

 

 

La photo qui est à l'origine de la crise serait protégée par le droit d'auteur, et utilisée sans autorisation ni droit de reproduction dans le livre d'Urbano. Et sa présence, selon lui associerait l'auteur de la photo au contenu du livre, dont le contenu est « profondément préjudiciable » à l'honneur de son père. « Cette question revêt une importance particulière, si l'on considère que le fait que je sois l'auteur de cette photographie est de notoriété publique », écrit-il dans son courrier. 

 

C'est vers le patron même du groupe Planeta que les regards s'étaient tournés : José Manuel Lara allait se charger en personne de résoudre le conflit. Dans l'entourage d'Adolfo, on évoquait un cas typique de diffamation, pour parler du livre, tout en accusant la journaliste d'avoir pour habitude de vouloir déstabiliser le pouvoir et d'attaquer le Roi

 

El Confidencial, qui était à l'origine de ces révélations, vient d'annoncer que la parution du livre La gran desmemoria: Lo que Suárez olvidó y el Rey prefiere no recordar (Le grand oubli : Ce que Suarez a oublié et dont le roi préfère ne pas se souvenir), était probablement irréfléchie. 

 

Au cours des derniers jours, Manuel Lara se serait montré contrarié d'avoir édité cet ouvrage. Il aurait d'ailleurs reconnu n'avoir pas très bien mesuré les conséquences de cette parution, et même, qu'il se serait trompé. Par ailleurs, la promotion du livre, assurée par son groupe, met sérieusement en avant l'ouvrage. 

 

Cependant, le président de Planeta note également que le livre ne peut pas faire changer l'avis des gens qui le lisent : tout au plus trouveront-ils des informations qu'ils pourraient, ou non, prendre au sérieux.