Mediator 150 g : contre Dialogues, le labo Servier reste sur sa faim

Clément Solym - 07.06.2010

Edition - Justice - dialogues - coupe - faim


Nous y sommes : le libraire et éditeur Dialogues vient de sentir passer la douloureuse décision du tribunal de référé de Brest, qui a décidé de condamner, malgré son optimisme, l'éditeur Charles Kermarec à... changer le titre du livre Mediator 150g, Combien de morts, qui avait fortement déplu au laboratoire Servier qui en était le fabricant.

Polémique, image et coupe-faim

Le livre n'était au départ qu'une étude - mais son sujet lançait une polémique acide. « Au détour de cette enquête, on découvre les façons de travailler du laboratoire Servier, ainsi que les errements et les retards dans la décision de (...) l’Afssaps », pouvait-on apprendre.

Car le Mediator, un coupe-faim, fut interdit à la commercialisation le 30 novembre 2009. Justement suite à l'étude du Dr Irène Frachon, dans laquelle on découvrait que les personnes souffrant d'hypertension artérielle pulmonaire consommaient le Mediator pour maigrir. Et au moment de son retrait, elles étaient près de 200.000 à en prendre.

Or, le tribunal de Brest s'est donc laissé convaincre par les plaidoyers des avocats, estimant que le titre du livre portait préjudice à l'image du laboratoire. Et ce, alors que le livre est en vente depuis quelques jours et que Charles Kermarec n'avait pas caché son intention de poursuivre la mise en place comme prévu.

Le tribunal de référés sanctionne

Ainsi, le laboratoire Servier se voit sortir vainqueur après que le tribunal a ordonné « la suppression immédiate, par tous moyens, de cette mention, sur tout exemplaire de l'ouvrage, sous astreinte de 50 euros par exemplaire distribué, offert à la vente ou vendu, à compter de l'exécution de la présente décision ».

Pour notre éditeur et breton, l'appel de la décision n'est pas encore exclu. En effet, il rappelle, cité par Ouest France, que « l’Afssaps dit que les troubles causés par ce médicament sont certains. Elle ne va pas revenir sur sa décision ! Aucune chance que par une opération du Saint-Esprit, le produit redevienne acceptable et supportable. »

En outre, le juge a également fait valoir que « le médicament n’est que suspendu. Et que, si jamais il devait revenir sur le marché, la mention du livre pourrait causer un grave discrédit ». Donc, une attente à l'image caractérisée.

En attendant d'éventuellement interjeter appel, Kermarec se retrouve face à un certain dilemme : détruire les couvertures, ou y apposer un autocollant ?



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