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Mein Kampf finalement retiré de la vente à Berck-sur-Mer

Lauren Muyumba - 27.06.2013

Edition - Librairies - Berck-sur-mer - Maison de la presse - Retiré


Joëlle et Jean-Louis Cazier, les gérants de la Maison de la presse de Berck-sur-Mer, n'ont pas longtemps tenu le coup suite à la polémique sur les exemplaires de Mein Kampf qui se trouvaient dans leurs rayons. D'après La Voix du Nord, ils se disent « dépassés » par ce qui se passe tout en rappelant la légalité de cette vente. En tout cas, maintenant il ne sera plus possible de trouver le livre dans la librairie de Berck.

 

Roby_CC-BY-SA-2.0

 

« On arrête », a déclaré Joëlle Cazier, « il y a trop de pression ». Contacté par ActuaLitté, son mari explique vouloir « stopper la communication autour de ce livre ». Les médias, dont ActuaLitté, ont effectivement rapporté la nouvelle faisant part de l'indignation de la Ligue des Droits de l'Homme et du communiqué du PCF-Front de gauche dénonçant la « banalisation des idées d'extrême droite ».

 

Jean-Louis Cazier ne comprend pas une telle réaction, mais cherche à en trouver la raison : « On ne m'a jamais fait la remarque. Peut-être est-ce lié au jeune Méric tué récemment par des skinheads »D'autres libraires en France vendent le livre édité aux éditions des Nouvelles Latines. La différence, c'est qu'il n'est pas placé en rayon. Dans la maison de la presse de Berck-sur-Mer, Mein Kampf se trouvait dans le rayon Histoire.

 

« Si on parle de le commander, les gens se découragent et passent par Internet. » Selon la gérante,

il était donc plus pratique « de l'avoir sous la main ». D'autres libraires avouent vendre plusieurs exemplaires par an : trente pour la librairie Furet du Nord, « une dizaine » pour la Maison de la presse de Berck. Tout comme la Maison de la presse de Berck, les demandeurs sont la plupart du temps des étudiants, ou des personnes voulant l'utiliser dans le cadre scolaire. « Un professeur du lycée de Berck a voulu l'étudier avec ses élèves », donne pour exemple Jean-Louis Cazier. 

 

Ce que reproche la Ligue des droits de l'Homme c'est de ne pas avoir pris conscience de la responsabilité qui leur incombait en vendant un ouvrage loin d'être un livre comme les autres. D'ailleurs, l'avocate Me Lhotel affirme que les conditions établies par la jurisprudence sont « une mise en garde ».

 

Joëlle Cazier avoue ne pas avoir « exprimé de mise en garde orale lors de la vente, mais je ne connaissais pas la loi en détail ». Son mari confie à ActuaLitté : « On ne s'est jamais posé la question. C'est un livre que l'on a mis en rayon comme les autres. » Cependant, l'affaire de Berck n'est pas un cas isolé en la matière. Il est surprenant de voir des librairies vendre un tel livre, pas banal, sans avoir pensé à se renseigner au préalable.

 

Le couple Cazier a souligné le caractère paradoxale de la situation : eux ne veulent « plus entendre parler de cette histoire », mais le public, si. « Cette polémique a fait une pub exceptionnelle au livre » font-ils remarquer.

 

Jean-Louis Cazier précise qu'il reçoit des appels de soutien et conclut : « Comme disait Voltaire : "je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire" ». Pour lui, les pressions liées à cette polémique sont clairement « une atteinte à la liberté de la presse ».




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