Mein Kampf remis en vente en Allemagne, les tirages déjà épuisés

Camille Cornu - 12.01.2016

Edition - International - hitler Mein Kampf eine kritische edition - mein Kampf edition critique


Mein Kampf vient d’être réédité en Allemagne, naturellement assorti d’un fort appareil critique. Alors qu’il n’avait pas pu être réédité depuis 1945, la demande a largement dépassé l’offre et le premier tirage a été épuisé à peine arrivé en librairie. 

 

 

 

En 1945, Mein Kampf avait été interdit en Allemagne par les Alliés. Depuis 1945, il n’avait jamais été réédité. Le Land de Bavière, détenteur des droits, n’avait jamais autorisé sa réédition. Mais depuis le 31 décembre, 70 ans après la mort d’Hitler, les droits sont libres de nouveau. 

 

Depuis trois ans, une équipe d’universitaires se préparait à cette date, afin que le livre puisse de nouveau être publié par l’Institut d’histoire contemporaine de Munich, dans une édition de 2000 pages qui comprend pas moins de 3500 annotations. 

 

Face aux controverses suscitées par la publication, Andreas Wirsching, directeur de l’Institut, avait déclaré qu’« il serait totalement irresponsable de permettre à ce magma d’inhumanité d’entrer dans le domaine public sans commentaire, sans y répondre par des références critiques qui remettent le texte et l’auteur à leur place ».

 

Le livre est arrivé dans les librairies le 8 janvier et l'on comptait déjà 15.000 précommandes, alors que le premier tirage ne s'établissait qu'à 4000 exemplaires. Vendu en librairie pour 59 euros, certains auraient d'ailleurs tenté de le revendre sur Amazon pour 9999,99 euros.

 

Tout comme en France, cette publication suscite encore le débat en Allemagne. La communauté juive, notamment, n’est pas prête à l’accueillir. Charlotte Knobloch, représentante de la communauté juive de Munich, a confié à l’AFP qu’elle ne pouvait pas imaginer de tomber sur Mein Kampf dans la vitrine d’une librairie.  

 

« Contrairement à d’autres travaux qui méritent vraiment d’être republiés dans des éditions critiques, ce n’est pas le cas de Mein Kampf », a confié Ronald Lauder, président du congrès mondial des juifs, en mettant en avant le fait que les universitaires y ont de toute façon déjà facilement accès.