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Même pour ceux qui ne les utilisent pas, les bibliothèques sont un trésor

Antoine Oury - 11.06.2018

Edition - Bibliothèques - bibliothèques population - bibliothèques non usager - étude bibliothèques impact


#ABF2018 - À l'heure où les collectivités sont sommées de faire des économies malgré une volonté affichée du gouvernement de mettre en avant les bibliothèques, les professionnels ont besoin d'outils pour défendre le service public que représentent les établissements et leur métier. Au congrès de l'Association des Bibliothécaires de France, à La Rochelle, les premiers éléments d'une grande étude sur la valeur des bibliothèques aux yeux des non-usagers ont été révélés.

 
Bibliothèque de l'Institut du monde arabe
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

Les résultats dévoilés par Jacques Bonneau, codirigeant de l'agence TMO Régions, avaient de quoi ravir les bibliothécaires présents au congrès, un an après le lancement d'un plan d'action gouvernemental sur les bibliothèques qui laisse la profession dubitative. L'enquête menée par TMO Régions auprès des non-usagers des établissements de prêt, avec le concours du Service Livre et Lecture du ministère de la Culture, donnera de futurs moyens aux bibliothécaires pour valoriser leur action et leur rôle au sein des territoires.

 

L'étude s'est d'abord focalisée sur la fréquentation des bibliothèques : dans l'ensemble, les indicateurs sont positifs, avec une croissance de la fréquentation avec 26 % des employés et ouvriers qui ont fréquenté au moins une fois une bibliothèque sur les 12 derniers mois, en 2016, une hausse de 8 points par rapport à 2005.

Pour les personnes gagnant moins de 750 € par mois, on atteint 31 % de la population, contre 20 % en 2005, 23 % pour les revenus mensuels entre 750 et 1500 € (+ 5 points par rapport à 2005) et enfin 27 % pour les plus hauts revenus, au-delà de 3800 € (+ 1 %). Seuls les cadres et cadres supérieurs se sont en partie détournés des bibliothèques, avec une baisse de 4 points, pour atteindre 32 % de la population en 2016.

 

Comme l'avaient déjà signalé d'autres études, la fréquentation de la bibliothèque est liée à l'âge : plus l'on est jeune, de manière générale, plus l'on fréquente les établissements de prêt. Après la fin des études, l'habitude de se rendre à la bibliothèque peut se perdre, plus ou moins rapidement : 84 % des non-usagers des bibliothèques sont d'anciens usagers.

 

Cela dit, le profil des personnes éloignées des bibliothèques permet d'affiner cette image : ainsi, on retrouve 23 % de personnes réputées éloignées des bibliothèques dans les deux catégories 15-24 ans et 25-34 ans, les deux plus importantes parts au sein des catégories d'âges. On trouve ensuite 18 % chez les 35-49 ans, puis 15 % chez les 50-64 ans et enfin 17 % chez les 65 ans et plus.
 

 

Entre hommes et femmes, on trouve plus facilement des profils éloignés des bibliothèques chez les premiers, à 22 % contre 17 % chez les femmes.

 

Enfin, presque un quart (23 %) des personnes relevant des catégories socioprofessionnelles dites « basses » sont classées au sein des profils éloignés, contre 21 % pour les CSP intermédiaires, 19 % pour les inactifs et 14 % chez les CSP+.

 

Une bonne image des bibliothèques, mais la vigilance est de mise

 

Sur l'ensemble de la base des répondants à l'enquête, on trouve 40 % d'usagers, contre 60 % de non-usagers : parmi ces derniers, 5 % ont néanmoins une image positive des bibliothèques municipales, contre 17 % qui en ont une image intermédiaire. 2 % des non-usagers seulement en ont une mauvaise image : autrement dit, même si l'on ne profite pas de ses services, la bibliothèque est valorisée.

Des résultats confirmés par 5 indicateurs de synthèse, qui chiffrent à 95 % les non-usagers qui portent un intérêt général et entretiennent une bonne image des établissements de prêt.

 

 

 

Néanmoins, un point de vigilance s'impose vis-à-vis de l'estimation de l'utilité des bibliothèques : avec le développement d'Internet, 34 % des répondants estiment que les bibliothèques sont moins utiles qu'avant, dont 49 % de 15 à 24 ans, une part qui diminue toutefois avec l'âge. 48 % estiment qu'elles ne sont ni plus utiles ni moins utiles qu'avant.

 

Dans le cas d'une disparition des bibliothèques municipales, toutefois, 77 % estiment que cela serait regrettable (36 % très regrettable et 41 % assez regrettable). Si 61 % des 15-24 ans le déploreraient, cette part augmente avec l'âge, pour atteindre 78 % chez les 50 à 64 ans. Cela dit, seuls 34 % des répondants estiment qu'une bibliothèque est indispensable à la vie d'une commune...

 

 

Ces premiers éléments d'enquête visant à mieux comprendre les usagers et, surtout, les non-usagers des bibliothèques, seront complétés et affinés dans les prochains mois. L'objectif, pour l'ABF, est de mieux outiller la profession pour faire face à des discours et des décisions d'élus qui privent la bibliothèque de moyens et de personnel...
 




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