Même sous couverture, racisme et ethnocentrisme s'affichent

Louis Mallié - 15.05.2014

Edition - International - Couverture - Cliché - Littérature étrangère


L'Inde, les pays arabes… Les traductions occidentales de livres qui s'y rapportent font légion, et pour annoncer la couleur, elles appellent systématiquement des couvertures « exotiques »… Or, sur ce point, les éditeurs occidentaux semblent manquer un peu d'imagination : plusieurs blogs se sont amusés à monter des ensembles de couvertures… La ressemblance est frappante !

 

 


 

  

Après l'Afrique, nous continuons notre petite tournée des clichés en couverture. S'inspirant d'Africa Is a Country, Sinthujan Varatharajah, qui tient une page Facebook collectant des récits de migrants originaires du Sri Lanka, a publié un collage de la même nature avec des livres portant sur l'Asie du Sud. Le résultat est tout aussi amusant, ou inquiétant, car il renseigne sur quelques clichés que nous avons sur la région : Taj-Mahal, futures mariées avec un anneau dans le nez, pieds ornés de henné…  autant d'images qui reviennent sur la quasi-totalité des couvertures.

 

 

 

 

Les livres sur le monde arabe sont victimes des mêmes idées reçues. Dans un post du 4 novembre sur le blog ArabLit intitulé Translating for Bigots, l'auteur constate que c'est le voile qui revient le plus fréquemment sur les couvertures. Interrogé à l'occasion, Adam Talib, qui enseigne la littérature arabe à l'Université américaine du Caire, interprète ceci comme un besoin de répondre à une attente du lecteur  - en bref, satisfaire des clichés.

 

« Si vous lisiez la littérature contemporaine arabe, vous verriez ce qui s'y passe réellement. Garçons et filles se donnent rendez-vous; les gens font l'amour; les gens boivent et les gens prennent de la drogue. Si un critique […] ne voit pas une femme arabe voilée de la tête aux pieds forcée d'épouser son cousin qui louche […], il s'écrie “Quelle vision irréaliste de la femme arabe !“ », a-t-il commenté.