Menacé, le réseau de l'Alliance française en appelle à Jean-Yves Le Drian

Cécile Mazin - 19.01.2018

Edition - Société - alliance française menace - missions alliance française - francophonie alliance française


Depuis vingt-quatre heures, c’est l’hémorragie : l’Alliance française se retrouve particulièrement fragilisée, suite à une vague de départ. Un tiers des administrateurs de l’organisation est parti, dans ce qui ressemble à une véritable hécatombe. L’Alliance se voit directement menacée dans la tenue et la poursuite de ses activités.

 

Alliance Française #toruń #poland
Grogo1402, CC BY 2.0
 

 

Le départ du président, Jérôme Clément, accompagné de cinq autres administrateurs – Alain Juppé, ancien Premier ministre, Maire de Bordeaux, Jean-Hervé Lorenzi, Economiste, Michel Lucas, ancien Président du CIC, Jean-Claude Meyer, Vice chairman international de Rothschild and Co et Francis Morel, Président directeur général du Groupe Les Echos le Parisien – crée une tension terrible. 

 

En outre, on apprend dans un communiqué que trois autres membres du conseil d’administration suspendent leur démission jusqu’à la date du 30 avril. 

 

« Cette décision est principalement due au non-apport des financements prévus, et en particulier ceux de l’Alliance Française de Paris Ile-de-France qui refuse de payer ses loyers à la Fondation depuis 2016, et aux actions judiciaires qu’elle a engagées pour remettre en cause l’existence même de celle-ci », explique l’Alliance dans un message diffusé ce 17 janvier.

 

L’avenir est en péril, et par conséquent, le rayonnement même de la France à travers les multiples pays où œuvrent les antennes de l’Alliance. 

 

La hausse de la subvention réclamée par le président à l’État n’a pas été approuvée – 1,3 million €, mais pour le ministère des Affaires étrangères, les problèmes ne tiennent pas simplement à des loyers impayés. De fait, il évoque une fragilité dans la structure elle-même. Et ajoute que l’Alliance n’a pas procédé à une levée de fonds depuis une dizaine d’années. 

 

S’il s’engage à maintenir le soutien qu’apporte l’État à l’organisation, il se montre toutefois sensible à la menace de dissolution qui pèse. Les engagements du président Emmanuel Macron pour le développement de la francophonie semblent particulièrement mis en péril.

 

On retrouvera ci-dessous la lettre adressée par le personnel de la Fondation Alliance Française à Monsieur Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, ce mercredi 17 janvier 2018, date à laquelle s’est tenu le Conseil d’administration de la Fondation.

 

 

  Lettre PersonnelFAF Au Ministre MEAE by ActuaLitté on Scribd

 




Commentaires

Cette situation ne concerne pas les professeurs, enseignants et académiciens? Moi, en tant qu’ancien enseignant de l’Alliance Française, je peux dire que le contrat de travail est le pire! Les conditions ne sont pas bonnes chez l’Alliance!
Bonjour Mme Mazin,



J'ai lu avec beaucoup d'intérêt et attention chaque mot de votre article "Menacé, le réseau de l'Alliance française en appelle à Jean-Yves Le Drian".



Malheureusement, je n'ai pas retrouvé tous les éléments qui permettront à vos lecteurs de se faire une idée globale de la situation de "l’hémorragie". Les salariés de l'Association sont les victimes de la scission de l'ancienne Association en deux entités distinctes.



J'étais déjà élu du personnel et délégué syndical lorsque ont eu lieu les négociations des "conventions" entre la Fondation et l'Association. Et la Fondation fût créée pour le malheur des salariés de l'Association...



Je vous invite à me contacter pour vous raconter le lourd tribut qui ont payé et que continuent de payer les salariés de l'Association.



Quand on n'a pas toute l'information, on ne peut pas se faire une idée d'ensemble d'une problématique.



Merci de m'avoir lu.



Bien cordialement,
C'est la Fondation Alliance française dont il s'agit, créée il y a 10 ans.

Les Alliances françaises en France et dans le monde vont bien.
L'Alliance française marchait fort bien, jusqu'à ce que Michel Barnier impose de créer la Fondation, distincte de l'école de Paris, avec pour mission de lever des fonds, ce qui n'a jamais été fait. Le système des AF est associatif et fonctionnait tout seul, étant grandement financé, (en argent, en temps, en relations,..) par ses adhérents à l'étranger, c'est-à-dire des étrangers francophiles et par ses presque 500000 étudiants annuels.

La séparation entre Fondation et association était une fois de plus le moyen pour les politiques de se servir dans les caisses d'un système qui n'avait pas besoin d'eux.

Plusieurs éléments expliquent le désastre actuel: la non implication des acteurs nommés par les politiques, le manque de soutien qu'ils apportaient au réseau, le gaspillage de l'argent qui aurait dû être consacré aux actions et par dessus tout la création des instituts français qui faisaient doublon dans les pays et distribuaient les subventions de fonctionnement aux AF. Le plus souvent, les fonctionnaires nommés par les Affaires étrangères à la direction des IF, n'avaient comme but que de profiter d'une enveloppe financière pour eux-mêmes, et sur le terrain de marquer leur petit pouvoir.

Les collègues étrangers (Goethe Institue ou British Council) rigolaient franchement.

Pour conclure, l'Alliance française (fondée en 1883) est une idée grandiose, servie et desservie par de fort petites gens.
Le contrôle de l'Etat sur l'Alliance française par le biais de la fondation a certainement été la plus grande erreur de la fin du siècle dernier. Certes l'Etat participe à l'action de l'Alliance française par les subventions et par le détachement de fonctionnaires auprès des alliances de l'étranger (quoique en nette diminution depuis les années 80), mais cet apport n'avait nul besoin d'un tel contrôle "politique". Le secrétaire général Jean Harzic, farouchement opposé à la création de la fondation avait vu juste et avait parfaitement compris la nocivité du projet. Mais trop de gens avides de pouvoir et loin des véritables préoccupations de ce qu'avait toujours été l'Alliance ont sonné le tocsin à venir. Quel gâchis !
Directeur d'AF non détaché du MAE et hors Europe, j'approuve le commentaire précédent et confirme que les IF et l'IF principal sis à Paris font du tort aux AF qui, elles, humbles fourmis actives et pour la plupart ne recevant aucune aide gouvernementale, font vraiment la promotion de la langue et de la culture françaises. Pour ce qui en est de la culture, les AF font fe leur mieux pour monter une programmation culturelle alors que les services culturels des Ambassades de France en font beaucoup moins. Et qd les lois locales sur les visas le permettent,les AF sacrifient une part non négligeable de leur budget (financé par les cours) pour faire venir auteurs et artistes.

La Fondation a dépensé sans tenir compte des études de faisabilité entreprises avant l'arrivée du Président démissionnaire notamment sur la question et l'opportunité des levées de fond. Une telle arrogance coûtera cher à la Fondation puisque déjà certaines AF ont cessé de croire au bien-fondé de son existence depuis 2015.

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