Menacée de fermeture, La Quinzaine littéraire lance un appel à soutien

Julien Helmlinger - 06.05.2013

Edition - International - Quinzaine littéraire - Appel à soutien - Presse indépendante


Situation d'urgence. La Quinzaine littéraire, un des rares organes de presse encore indépendants en France, connait un mois de mai décisif, suite à de graves difficultés de financement, et la publication pourrait alors être suspendue dès la fin du mois, alerte Oeuvresouvertes. Dans les colonnes du numéro du 16 mai prochain, la rédaction devrait donner plus d'informations quant au mode de sauvetage. En attendant, elle encourage son lectorat à acquérir le numéro du 1er mai, et à faire passer le message à leurs proches. 

 

 

 

 

La chute des ventes en kiosques a déjà conduit La Quinzaine à augmenter le prix de vente de leurs numéros, passé de 3,80 à 4,50 euros. Dans un futur proche, le prix des abonnements papier destinés aux lecteurs étrangers pourrait lui aussi être revu à la hausse.

 

Parmi les raisons de ces difficultés, l'augmentation des tarifs postaux est pointée. Et malgré ces premières mesures de hausse tarifaire, la publication n'est pas hors de danger. Le journal a besoin de redresser sa diffusion, étendre son lectorat, et évoque la nécessité d'étoffer ses forces vives.

 

Contacté par ActuaLitté, Benoit Laureau explique : « La situation est à l'urgence : le plus compliqué, ce seront les deux ou trois mois à venir, et les échéances sont courtes. Pour l'instant, on exploite plusieurs filons en plein déploiement, et rien n'est encore fixé. À long terme, on souhaite développer le numérique par la valorisation des archives. » Et notamment la commercialisation du magazine par ce biais, une idée dans l'air du temps depuis longtemps déjà. 

 

Ajoutant : « À court terme on songe à la constitution d'une société collaborative avec les lecteurs, sur le principe de Médiapart, mais aussi à plus de communication. On ne souhaite pas faire appel à des investisseurs extérieurs, mais conserver notre indépendance. Il s'agit de donner un signe fort. »

 

Pour parvenir à cet objectif, un investissement de 80.000 euros est nécessaire pour l'année 2013. Des fonds que le journal entend rassembler dans la mesure ou ses abonnés et lecteurs concourent à cette mobilisation. Comme solution évoquée : le projet de réunir dans une société des amis et des lecteurs de la Quinzaine littéraire, les contributeurs à la sauvegarde financière du journal.

 

Une société participative, sur ce principe, leur permettrait d'entrer dans le capital de la société éditrice du journal qui, de ce fait, deviendrait la propriété de ses lecteurs, nous précise Benoit Laureau. Et en outre, une société des rédacteurs du journal pourrait voir le jour. 

 

La Quinzaine a besoin d'aide. Des détails sur l'organisation de ce sauvetage seront présentés d'ici la parution du numéro 1084, en kiosques le 16 mai prochain.