"Mensonge" est le mot gagnant du Festival du Mot

Lauren Muyumba - 24.05.2013

Edition - Société - Mensonge - Cahuzac - Transparence


Dans 84 pays, les internautes ont pu voter jusqu'au 20 mai pour choisir le mot de l'année 2013. Le 9e Festival du Mot de La Charité-sur-Loire proposait au public les termes : anaphore, cap, compétitivité, couac, déficit, fraude, impacter, mensonge(s), traçabilité, transparence, visibilité, voyeurisme. "Mensonge(s)" est le mot sorti du lot. Il semble que l'affaire Cahuzac ait laissé des traces, encore bien fraîches et bien visibles, dans l'esprit des citoyens.

 

 

 

 

Le scrutin s'est clôturé le 20 mai à minuit. Plus de 75 000 internautes ont pu voter par l'intermédiaire des sites de France Inter, 20minutes, TV5 Monde et le site officiel du Festival du mot. Malgré la dimension internationale, le choix de cette année a quelques résonnances françaises : le mot "Mensonges" succède à celui de "Changement" élu l'année dernière, tout comme François Hollande l'a été. Après la promesse électorale du changement, place à la déception après la trahison du ministre du Budget Jérôme Cahuzac qui a menti devant tous les Français en répétant « je n'ai pas de compte en Suisse ».


Mais au-delà de la politique, quel lien avec la littérature ? Le voilà : Alain Rey, président du Jury, linguiste et rédacteur en chef des éditions Le Robert, a expliqué que les romanciers faisaient partie des meilleurs menteurs en rappelant le sens du mot « mensonge » : « Il s'agit à la fois de ne pas dire la vérité, mais également d'imaginer, de créer une réalité purement avec son esprit ».


Un jury composé de journalistes, d'écrivains et de spécialistes de la langue française, a été apparemment plus optimiste que le public : leur vote effectué parallèlement, et dévoilé ce vendredi 24 mai, a mis en évidence le terme "Transparence". « Le jury a préféré le remède au mal », analyse Alain Rey tout en soulignant l'aspect poétique de ce terme.


Toujours pour parler littérature, rappelons que le personnage de Pinocchio, pour qui il est impossible de mentir en toute discrétion, est né sous la plume de Carlo Collodi. Le conte de Pinocchio a été adapté par Walt Disney en 1940.


À 95 ans, l'auteur et Académicien René de Obaldia, inaugurera mercredi 29 mai le Festival du mot qui se déroulera jusqu'au 2 juin 2013, jour où François Morel, le comédien et chroniqueur sur France Inter, recevra le Prix Raymond Devos pour son ouvrage Raymond Devos, la raison du plus fou. Le prix récompense un artiste « dont l'œuvre ou l'action contribue au progrès de la langue française, à son rayonnement et à sa promotion ». Une première pour la "ville du livre" La Charité-sur-Loire.