Mesures de sécurité chez Flammarion, après l'attentat de Charlie Hebdo

Cécile Mazin - 07.01.2015

Edition - Les maisons - Fleur Pellerin - mesures sécurité - Flammarion Houellebecq


Les informations semblent confirmer que Cabu et Charb comptent parmi les morts de la tragédie survenue à la rédaction de Charlie Hebdo, ce 7 janvier. La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a tenu à réagir devant cette « attaque odieuse contre un des piliers de notre démocratie ». Un geste que la ministre qualifie de « barbarie extrême contre ceux qui, au quotidien, font vivre l'information et animent le débat public ».

 

Saluant les dessinateurs qui composaient la rédaction, Fleur Pellerin évoque plus généralement « le courage de ces combattants de la liberté, de toutes les femmes et de tous les hommes qui portent haut les valeurs de la liberté d'expression dans l'exercice quotidien de leur métier ». Pour la rédaction de Charlie Hebdo, Fleur Pellerin adresse toutes ses pensées aux familles et aux proches des victimes, ainsi que son soutien « et un vibrant hommage ». 

 

La présidente de la Commission de la Culture, de l'Éducation et de la Communication du Sénat, Catherine Morin-Desailly, exprime également une « profonde indignation devant l'attentat qui vient de frapper si cruellement Charlie Hebdo ». La présidente fait part de toute la « solidarité dans ces moments de douleur. Nous partageons le sentiment d'effroi et l'émotion de tous les Français devant cet acte qui représente une atteinte sans précédent aux principes de la démocratie à laquelle nous sommes tous attachés ».  

 

Il s'agit de ne pas transiger avec la liberté d'expression, assure le Sénat.

 

 

 

Par ailleurs, nous avons appris que les équipes de la maison Flammarion, qui publie aujourd'hui le dernier roman de Michel Houellebecq, Soumission, font l'objet d'une surveillance policière. Un dispositif de sécurité a été mis en place, bien que, nous précise-t-on, beaucoup d'employés étaient déjà partis. « La préfecture a été contactée, pour renforcer la sécurité, mais toutes ces procédures prennent du temps. » Dès demain, un badge sera nécessaire pour entrer dans la maison, située quai Panhard et Levassor. 

 

Plusieurs employés nous ont fait part « de la tension évidente », qui s'est diffusée, alors que Charlie Hebdo avait réalisé sa Une sur le roman de Houellebecq justement. « Ça a un peu été la panique... » Les employés ont été invités à ne revenir que jeudi au bureau.

 

Dans ce nouveau livre, le romancier évoque « une France assez proche de la nôtre, un homme s'engage dans la carrière universitaire. Peu motivé par l'enseignement, il s'attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu'à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve. » Et l'arrivée au pouvoir, en 2022, d'un parti politique musulman modéré.

 

« Aucun lien n'a été établi entre la publication du livre et l'attentat chez Charlie, mais la pression est montée d'un seul coup dès que l'on a appris l'information. »

 

Mouvement de fonds dans l'édition

 

Le Syndicat national de l'édition a également tenu à intervenir, se disant « profondément bouleversé par l'attentat perpétré aujourd'hui contre le journal Charlie Hebdo, qui a coûté la vie à de nombreuses personnes. Il dénonce l'atteinte ignoble à l'encontre de la liberté de la presse, de  la liberté d'expression et de publier, fondements de la démocratie.

 

 

 

 

Les éditeurs rendent hommage à toutes les victimes et expriment leur sympathie à leurs familles. En particulier, nous souhaitons saluer la mémoire des auteurs lâchement assassinés, les dessinateurs Cabu, Charb, Tignous et Wolinski, ainsi que l'auteur et journaliste Bernard Maris, ces esprits libres dénonçant inlassablement tous les fanatismes et obscurantismes. La barbarie, qui s'attaque aux auteurs, à l'écrit, à l'esprit, n'aura pas le dernier mot ».

 

« Le Centre national du livre et son personnel souhaitent exprimer leur solidarité envers toute la rédaction de Charlie Hebdo, les proches et les familles des victimes », peut-on également lire sur le site du CNL.

 

Le Festival de la BD d'Angoulême a fait part, dans un communiqué de toute l'horreur qu'inspire cet événement« Aujourd'hui, au siége de Charlie Hebdo, des hommes sont morts pour avoir été des dessinateurs, des esprits libres. Certains d'entre eux nous étaient trés familiers – en particulier Georges Wolinski, Grand Prix du Festival 2005. Tous nous étaient proches, car ils avaient ce méme talent de savoir tout dire en quelques traits, pour nous donner à penser.


Et parce que c'est notre vocation, gràce aux auteurs de bande dessinée qui nous montrent la voie, nous continuerons de penser, avec eux et par nous-mémes. De douter de tout avant d'agir, afin de toujours chercher à bien agir. Et avec une certitude : le dessin, lui, est éternel et, dans nos cœurs, les dessinateurs disparus de Charlie Hebdo le seront toujours aussi.
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