Métadonnées : comment mieux vendre ses livres passe par un peu d'attention

Nicolas Gary - 10.09.2020

Edition - Economie - vente livres internet - métadonnées vente livres


Le terme semble rebutant, bien qu’il soit au cœur de toute l’économie du livre : les métadonnées représentent le nerf de la guerre dans l’économie du livre. Elles permettent de distinguer un livre d’un autre, et par conséquent, d’apporter la plus grande visibilité possible. 


 

Titre, couverture, prix, auteur, éditeur, traducteur (éventuellement), collection, ISBN, résumé, etc. Les métadonnées représentent tout ce qui définit un ouvrage, tout ce qui le rend unique. À ce titre, la moindre erreur entraîne des ratages parfois hilarants — comme de faire de Mélenchon un missionnaire du Christ.

La société québécoise BTLF, qui gère les bases de données de l’industrie, propose une étude particulièrement significative. Elle mesure l’effet direct sur les ventes que des métadonnées d’enrichissement apportent. Elles sont spécifiquement remarquées dans le cas de maisons d’édition avec des volumes moyens et grands. 

Passant au crible tout aussi bien les livres imprimés que numériques, c’est autant la présence des métadonnées que les questions d’enrichissement qui sont au cœur de l’étude. 
 

Les outils essentiels


Cinq d’entre elles sont retenues : la présence ou non d’un résumé, d’une 4e de couverture, d’une imagette, d’une biographie et d’une critique. Bien entendu, pour comparer efficacement, il faut disposer du nombre d’exemplaires précédemment vendus par l’auteur et le nombre de titres publiés chaque année par un éditeur.

Les groupes sont ainsi répartis entre éditeurs ayant produit 3 titres ou moins en 2016 — petit volume —, 4 à 20 — volume moyen —, puis plus de 20 — grand volume. De même pour les auteurs classés suivant des ventes réalisées entre 2010 et 2016 :

• 0 à 302 exemplaires, petits vendeurs
• 302 à 6526, moyens vendeurs
• plus de 6526, grands vendeurs

Première observation : 13,6 % des ouvrages de la production québécoise ne disposent d’aucune métadonnée : autrement dit, ils deviennent presque impossibles à repérer. En revanche, 57,8 % disposent d’une imagette, d’un résumé et d’au monis une des trois autres métadonnées évoquées plus haut. L’imagette est, pour sa part, présente sur 80 % de la production.

Pour les éditeurs de volume moyen et grand, ainsi que les auteurs moyens et grands, « la moyenne d’exemplaires vendus lors de la première année de parution est significativement supérieure pour les titres avec imagette ». Autrement dit, pas d’illustration, pas de vente. 

Notons également que pour les auteurs grands vendeurs, une augmentation de 100 % se constate pour les titres disposant d’une vignette. 
 

Avant, c'est mieux, parce qu'après c'est pendant


Quid de la présence de métadonnées avant la parution de l’ouvrage ? Il semble que les petits vendeurs bénéficient plus de la présence d’une vignette avant la date de mise en vente, plutôt qu’après. Pour les moyens et grands vendeurs, en revanche, pas de grosse différence observée.

Ce qui devient plus important s’observe dans l’association entre présence ou absence d’imagette et résumé. « Les résultats démontrent que l’ajout du résumé lorsque l’imagette est absente n’augmente pas de façon significative le nombre d’exemplaires vendus, peu importe le type d’éditeur ou d’auteur », note l’étude.

Toutefois, « lorsque l’on considère les titres avec imagette, la quantité moyenne d’exemplaires vendus des titres auxquels le résumé a été ajouté est significativement supérieure à celle des titres sans résumé chez les auteurs grands vendeurs publiés par des éditeurs à moyen et à grands volumes de publication ». 

Quant aux données d’enrichissement, elles aboutissent à des résultats nets. « La conclusion principale est que l’on détecte une différence significative entre les quantités moyennes d’exemplaires vendus par titre selon le nombre de métadonnées d’enrichissement présentes chez les éditeurs à grand et à moyens volumes de publication (respectivement une hausse de 84 % et 32 % lorsque quatre métadonnées sont présentes). » Autrement dit imagette, résumé, 4e de couverture et biographie.

Pour ce qui est des livres numériques, les données fournies par De Marque concernent les ventes réalisées entre le 1er janvier 2016 et le 19 mai 2018. « La comparaison des ventes selon la présence ou non de métadonnées n’a pu être effectuée étant donné que la quasi — totalité des titres possèdent des métadonnées, ce qui induit un nombre insuffisant de livres numériques sans métadonnées comme point de comparaison », note l’étude. 

Pour 90 % des titres (audio, EPUB, PDF et mobi), l’imagette, la biographie et le résumé sont présents. 
 

La découvrabilité, ou l'existence du livre


Reste que, plus encore que pour les livres imprimés, la présence de l’imagette avant parution fait doubler le nombre de ventes pour les éditeurs moyens et grands, dans le cas du format EPUB. Pour le PDF, l’incidence est faible, globalement. 

Il faut donc retenir que pour garantir la découvrabilité d’un titre, les métadonnées sont importantes. « Une opportunité de recherche future serait d’identifier qui sont les utilisateurs de métadonnées tout au long de la chaîne de création du livre afin de mieux comprendre l’effet de la métadonnée que nous avons mesuré », indique BTLF. 

Avec pour premier critère que l’imagette reste le premier contact et un important vecteur de découvrabilité. « Le fait qu’une métadonnée rendue disponible avant publication ait un impact aussi important témoigne aussi de la nécessité, pour les intervenants de la chaîne du livre, d’en gérer activement et stratégiquement le processus de production et de diffusion », retiendra-t-on. 

L’intégralité de l’étude est disponible ci-dessous : 
 

 

illustration Free-Photos CC 0



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