Métronome, ou Lorant Deutsch de nouveau polémique

Clément Solym - 07.07.2012

Edition - Société - Métronome - Alexis Corbière - Laurent Deutsch


Le Parti de Gauche du conseil de Paris a exprimé le souhait de faire cesser la promotion du  best-seller de Lorant Deutsch vendu à 2 millions d'exemplaires et jugé « idéologiquement orienté ». 

 

Le secrétaire du parti, Alexis Corbière, a exprimé le souhait du parti de réduire la promotion du Métronome qui revisite l'histoire de Paris, via les lignes de métro. Le comédien est en effet régulièrement invité dans les grandes écoles parisiennes pour des conférences et s'est trouvé décoré de la médaille Vermeille de la Ville de Paris, par le maire PS Bertrand Delanoë.

 

Une promotion disproportionnée, d'une part parce que d'après M. Corbière, le contenu du livre est pétri d'approximation et d'erreurs, mais d'autre part et surtout, parce que l'auteur y exprime ses convictions religieuses, ne se cachant pas d'être « hostile à la République, particulièrement à la Révolution française. » Voire, nostalgique de la monarchie.

 

A retrouver dans notre librairie

« Chacun est libre d'écrire ce qu'il veut. » - faut-il encore le préciser ?- simple mesure de précaution oratoire avant de montrer la nécessité qu'un tel ouvrage n'est pas suffisamment objectif pour faire partie d'un programme pédagogique, alors même qu'il va prochainement être adapté par France Télévision sur les petits écrans.

 

Même si le Métronome pourrait faire l'objet du bon téléfilm instructif de l'été, l'AFP rapporte que Danielle Simonnet, conseillère du PG, a déclaré inquiétant le soutien par la ville d'un « ouvrage contestable qui dénigre la Révolution et la Commune », lors d'une conférence de presse de pré-Conseil. Le groupe souhaite une cessation de la promotion de l'ouvrage par la ville sur son site ainsi que dans les écoles. 

 

On ne saurait légitimer la mise en avant d'un document au contenu corrompu, mais il n'est pas impossible qu'un tabou républicain plane dans cette polémique, car toute prise de pouvoir est malheureusement source de violences.

 

Lorant Deutsh ferait alors passer les révolutionnaires pour des hommes sanguinaires, « nouveaux persécuteurs » qui « saccagèrent » une abbaye bénédictine d'après l'analyse de Rue 89, ou bien décrirait tout simplement le cours des évènements.

 

En avril 2011, la polémique avait déjà été lancée. « L'histoire de notre pays s'est arrêtée en 1793, à la mort de Louis XVI. Cet événement a marqué la fin de notre civilisation (...) Il aurait fallu instaurer, comme en Angleterre, une monarchie parlementaire. (...) Il faut réintroduire la religion en France, il faut un concordat », écrivait-il, provoquant la colère et la prise de position. C'était à l'occasion de l'adaptation du livre pour le petit écran… et rien n'a donc vraiment changé.

 

Cependant, Lorànt Deutsch avait alors contacté ActuaLitté, pour défendre son point de vue. 

 

« Royaliste, je ne remets pas du tout en cause le principe de notre constitution et de nos valeurs essentielles de liberté d'égalité et de fraternité. Croyant, je ne remets pas du tout en débat l'intérêt pour la communauté d'une primauté laïque et d'une religion encadrée par l'État.

 

En tant qu'amoureux de l'Histoire je ne crois être jamais tombé dans le piège stupide du prosélytisme, j'embrasse avec passion et affection toutes les périodes de notre album de famille. J'aime toutes les dimensions de l'histoire de la France, nos cicatrices, comme nos stigmates.

 

Je les respecte avec la tendresse d'un héritier plein de gratitude y compris pour des régimes qui me semblent contraires à l'intérêt général. (l'Empire ou les 1 ère et 5e République)

 

La religion a le droit de cité dans la Cité, et revendiquer une laïcité, au nom d'une non-religion, où il n'est pas possible d'apparaître dans la vie publique selon ses croyances, ne me paraît pas pertinent.


Il faut arriver à vivre tous ensemble ! »

  

La polémique, pour intéressante qu'elle soit, n'en a donc pas moins un petit goût de déjà-vu...