Mettez de la littérature dans les rames et mon métro quotidien !

Clément Solym - 17.08.2010

Edition - Société - lecture - transports - communs


D'ordinaire, en dehors des quelques publicités que l'on peut y découvrir, le métro - et par extension le RER - n'est pas un lieu de découverte littéraire au sommet. Oh, bien sûr, la RATP fait de temps à autre de petites incursions poétiques, plaçant dans les rames et sur les quais des textes - principalement à la saison printanière des poètes.


Et les usagers apprécient sûrement de découvrir ces petits aphorismes et poèmes. Sauf qu'à les laisser des mois durant, on finit par ne même plus les voir...

En Angleterre, une gare avait proposé à ses usagers d'envoyer un haïku via Twitter pour le voir s'afficher sur un grand panneau. C'est la station St Pancras, le terminus de l'Eurostar. Une idée comme une autre, sur 140 caactères.

Puis, il y a eu cette histoire dans le métro moscovite, avec une immense et lugubre création représentant Dostoïevski et des scènes tirées de ses différents romans, chose qui selon les psychologues allait rendre les usagers dépressifs, plus qu'ils ne le sont déjà. Voire, pourrait leur coller une peur de prendre le métro.


Bon, si l'on oublie la station Saint-Germain, pas grand-chose ne s'approche de cette idée - et hormis une statue de Balzac que l'on découvre en sortant pour se rendre au musée Rodin (que l'on vous recommande très chaudement, dès lors que le soleil pointera sa bobine), on ne peut pas dire que les efforts aillent dans le sens artistique pour donner au métro des couleurs littéraires.

Pourtant, comme le Guardian s'en inquiète, la question mérite tout de même d'être posée ; pourquoi pas quelques extraits plus régulièrement changés ? Pourquoi pas une station entièrement aux couleurs - même déprimantes - d'un auteur français. Sur ces si jolis carreaux blancs biseautés, l'image immense d'un Flaubert, d'un Molière ou d'un n'importe qui (Antonion Artaud ?), pour décorer les lieux ?

Et si c'était en familiarisant le public avec les auteurs que l'on parvenait aussi à leur donner envie de les redécouvrir ? Et plutôt que de télécharger en Bluetooth sur son mobile des informations idoines, leur offrir chaque matin un extrait de Racine, de Baudelaire, de François Fillon Villon ?

Non ?

Crédit photo métro Trimtab.fr