Mettre les pendules de la poésie à l'heure du numérique

Julien Helmlinger - 22.05.2013

Edition - International - Poésie - Lecture numérique - Edition


En plein essor de la lecture sur tablettes, quelques lacunes restent à déplorer parmi les titres disponibles en format ebook, et notamment dans le registre de la poésie. En conséquence certains éditeurs entendent combler ce vide, ces dernières années, et se lancent dans les publications poétiques multi-formats, papier et dématérialisé, comme par exemple Random House ou W.W. Norton. Et parmi les ebooks, on retrouve désormais le Stag's Leap de Sharon Olds, du Adrienne Rich, Allen Ginsberg, Langston Hughes ou encore Wallace Stevens. Pas de raison que le poétique ne rime pas avec le numérique.

 

 

 Afin que la poésie cesse d'y laisser des plumes... (CC by 2.0)

 

 

Relayée par Associated Press, Liisa McCloy-Kelley, vice-présidente au sein de Random House, a décrit le processus entamé par la maison : « Au cours du printemps 2010, nous avons formé une équipe afin de se concentrer sur des livres qui sont compliqués à décliner en ebooks, comme la poésie et la non-fiction illustrée. [...] Au cours des 20 derniers mois, nous nous sommes plongés dans la production. »

 

Au yeux de l'éditeur, ce qui apparaît comme difficile à adapter du papier vers le nuérique, en poésie, concerne notamment la conservation de la line up, sans violer la forme originelle de l'art poétique et sans réduire la taille de caractère. Et en effet, avec des appareils de lecture aux écrans taillés plus petits que les format papier, certaines compositions de poèmes nécessitent quelques compromis de mise en forme.

 

Et l'on sait combien les versificateurs tiennent à leur prépositions débutant le plus souvent à la ligne, organisation contribuant à matérialiser le rythme de lecture du poème. Avec l'ebook, si on veut conserver la composition originale d'un texte, il deviendra nécessaire de préciser aux lecteurs quelle taille de caractères permet de la retranscrire fidèlement.

 

Les ventes numériques ne représentent encore qu'une part infime du marché des oeuvres de poésie, mais les lecteurs ont démontré combien ils aiment mettre à profit les différents modes de lecture. En conséquence pour les poètes comme leurs éditeurs, le défi du moment ne semble pas être majoritaireent pensé autant en termes commerciaux que de renforcement d'accessibilité du registre.

 

Pour certains observateurs, comme l'auteur et critique Daniel Mendelsohn, l'évolution de la forme poétique semble inéluctable avec l'ère numérique, et notamment à long terme. Rappelant que les tragédies antiques se trouvaient originairement transcrites sans didascalies et autres disctinctions d'intervenants, et qu'aujourd'hui cette composition a évolué pour répondre aux attentes de nouvelles générations de lecteurs.