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Meura, Folies d'encre : les librairies, victimes d'une radicalisation politique

Cécile Mazin - 24.02.2020

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Ce 19 février, l’invitation de François Hollande à la librairie Folies d’encre tournait court : le président qui avait prévu d’expliquer son dernier livre à un jeune public a écourté son intervention. Une manifestation s’était en effet improvisée dans les murs de l’établissement.


un trou dans la République - pixabay licence

 
Dans un communiqué, le Syndicat de la librairie française apporte son soutien à Amanda Spiegel, directrice de la librairie, et son équipe. Déplorant que la rencontre ait été « perturbée par des manifestants qui ont investi la librairie », le SLF souligne l’importance du débat.

« Quelques semaines auparavant, c’est la librairie Meura à Lille qui a vu son stock de livres détruit par des manifestants qui s’opposaient là encore à un débat entre des étudiants et François Hollande », rappelle le syndicat. 
 

 
De fait, c’était mi-novembre : alors que François Hollande devait réaliser une intervention à l’université Lille 2, des manifestants s’étaient rués, empêchant la bonne tenue de l’événement.
 
Suite aux débordements survenus le 12 novembre, des étudiants ont été convoqués au commissariat et une chercheuse placée en garde à vue.

Or, Meura, spécialisée en sciences humaines, avait également vu sa vitrine brisée « à plusieurs reprises ». 
 


Pour le SLF, nous assistons « à une multiplication d’actes d’intimidation et de dégradations à l’encontre de librairies », évidemment déplorable. 

Des actions qui font état de la colère, ainsi que nous l’expliquait une libraire de Folies d’encre, mais également, pour le SLF, « de la radicalisation des oppositions politiques au sein de notre société ». Or, les librairies, pas plus que ceux qui les animent, « cessent, aux yeux de certains, d’être respectées ». 

Et le syndicat de conclure : « Parce que l’on ne peut interdire le débat au nom du droit à faire entendre un désaccord politique, nous condamnons très fermement ces actions et tenons à réaffirmer le rôle que les librairies tiennent et continueront de tenir au cœur de notre république. » 


Commentaires
cheese Ecrivain, scénariste, journaliste, ces censeurs à la petite semaine m'enragent, qu'ils soient racisées ou genrée ou religieux. Moi, vieux tout court et vieux 68tard, j'ai toujours agrafé sur mon gilet un de nos slogans bien oubliés: "il est interdit d'interdire", Moi, ancien de l'UNEF, j'enrage de voir ce qu'elle est devenue, j'enrage de voir ce que devient notre société, gangrenée par ceux (et celles, voilées ou pas) qui n'ont jamais entendu parler de Hitler, de Staline, de Mao. Moi, vieil anar, j'enrage tout court.
Juste rappeler à ces grandes âmes radicales que les Nazis brûlaient les livres et que les librairies sont des lieux des livres, ils ne sont ni des ukases, ni des slogans, mais des ferments de réflexion, de débat, de liberté et de...littérature.
Cet article présente quelques omissions qui me dérangent. Tout d'abord, il n'est pas dit de quelle librairie Folie d'encre il s'agit, ça peut être à Saint-Denis, à Montreuil ou à Noisy, mais je n'en sais rien.

Ensuite, pour rentrer plus dans le vif, il n'est pas dit un seul instant ce que revendiquent ces manifestant-e-s qui ont interrompu ces conférences. À Lille, l'événement, qui se passe dans un amphithéâtre d'université de sciences politiques, fait suite à la tentative de suicide (par immolation) d'un étudiant lyonnais, qui, avant son acte, dénonçait publiquement les politiques menées par les gouvernements, en citant expressément François Hollande. Les manifestant-e-s dénoncent comment un président « de gauche » a laissé la précarité étudiante grandir ! Qu'on soit d'accord avec la manière d'exprimer cette colère ou non, il est bien de dire le fond de cette colère et ne pas laisser penser qu'il s'agit de décérébré-e-s. Donc pareil pour l'interruption de la conférence à la Librairie Folie d'encre ! Pourquoi les gens sont-ils présents ?



Par ailleurs, le SLF, les assurances, François Hollande, tous n'ont rien à faire des librairies indépendantes lilloises. Lui est bienheureux de bénéficier d'un coup de pub, mais la librairie Meura est esseulée. Parce que ce n'est en rien elle qui était visée, mais bien François Hollande. Nous voyons les limites et la gravité de l'omission de cet article. Une victimisation outrancière qui ne sert pas du tout la cause des librairies indépendantes.



Ensuite et pour finir, les événements survenus avant le 12 novembre (fractures de vitrines) n'ont, me semble-t-il, rien à voir avec les étudiant-e-s (quand bien même l'écriture un tantinet fallacieuse le laisse penser). Il serait bien de dire qu'il s'agit là bien de l'affaire de l'extrême-droite. Oui, il y a une «  radicalisation des oppositions politiques au sein de notre société », mais ne faisons pas d'amalgames. Il y a d'un côté des gens qui attaquent un ancien président de la République, il y a de l'autre des gens qui attaquent des librairies par l'intimidation (qui plus est anonyme). Donc au diable ceux et celles qui veulent parler des « heures les plus sombres de notre histoire » pour discréditer de même la gauche et l'extrême-droite. Quelle que soit la pertinence de l'action, il y en une qui combat le fascisme.
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