Mexique : Le Clezio indigné de l'arrogance de Sarkozy

Clément Solym - 21.02.2011

Edition - Société - cassez - mexique - enlevement


Auteur mexicanophile, Jean-Marie Gustave Le Clezio avait témoigné de son affection pour le Mexique et sa culture à plusieurs reprises. Le Nobel de littérature y a d'ailleurs vécu durant une dizaine d'années - où, dans les années 70, il participa à la création de la bibliothèque de l'Institut français d'Amérique latine. (voir sa bio sur Wikipedia)

Alors, nécessairement, les problèmes diplomatiques qui tendent les relations entre la France et le Mexique, autour de Florence Cassez n'ont pas manqué de le faire réagir. Tout avait commencé avec la demande de la mère de Florence Cassez, « Je veux qu'on demande l'annulation de l'année du Mexique en France (...). On aimerait que Nicolas Sarkozy accepte l'annulation de l'année du Mexique », estimant « impensable de fêter le Mexique en France tant qu'elle sera là-bas ». (notre actualitté)

Dans le journal Milenio.com, l'auteur prend position... contre le comportement de Nicolas Sarkozy. « Je me sens indigné de l'arrogance et du mépris de Sarkozy et de son gouvernement à l'égard du système judiciaire mexicain », a-t-il fait savoir par email.

« Je suis triste de voir que les questions uniquement politiques menacent la célébration de l'amitié entre la France et le Mexique. Ça ne peut diminuer l'admiration et la soif que j'ai, comme la plupart des Français, de découvrir la culture mexicaine, en espérant que, malgré l'incident, l'Année du Mexique en France pourra avoir lieu. »

Et Le Clezio d'avoir cependant une pensée pour la famille Cassez, espérant que Florence pourra disposer des conditions d'incarcération que tout prisonnier mérite, « indépendamment de leur culpabilité ».

Cette grande affaire mobilise actuellement les troupes, depuis le ministère de la Culture en passant par d'autres. La condamnation de Florence Cassez a 60 années d'emprisonnement, pour tentative d'enlèvement, a provoqué une véritable tension diplomatique, dont l'Année du Mexique en France pourrait être la grande victime.

« Manifestement, ce sont les autorités mexicaines qui ont décidé de supprimer l'Année du Mexique (...), à partir du moment où elles décident de se substituer aux décisions à caractère culturel, c'est une affaire d'État » avait déclaré Frédéric Mitterrand. (notre actualitté)