Michel Drucker condamné à payer

Clément Solym - 14.01.2011

Edition - Justice - drucker - beyala - livre


Condamné pour un livre qu'il n'avait pas écrit, mais fait écrire, Michel Drucker s'est retrouvé le bec dans l'eau, face à Calixthe Beyala. Mieux, en fait, il a été condamné pour un livre qui n'est jamais sorti...

L'ouvrage devait réunir un ensemble de conversation entre Michel Drucker et Régis Debray, prévu pour l'éditeur Albin Michel et écrit par ladite Calixte, qui fut également la maîtresse du sieur Michel, marié, évidemment.

Un travail pour lequel il lui avait assuré une rémunération, mais suite à leur séparation, en 2006, celle-ci n'avait rien perçu. « Il n’a pas tenu son engagement et m’a juste dit : “Depuis la nuit des temps, les hommes ont toujours fait des promesses aux femmes qu’ils ne tiennent jamais”. »

Or, hier, la Cour d'appel donnait donc raison à la jeune femme. Selon son avocat, aucun contrat n'avait été signé entre les deux puisque « la relation de concubinage qu'elle entretenait à l'époque avec Michel Drucker la plaçait dans l'impossibilité morale d'exiger de lui qu'il formalise par écrit son engagement ».

Elle fut déboutée en 2009, et condamnée à 1 € de dommages-intérêts. Mais hier, la cour a fini par lui accorder une indemnisation de 30.000 € et 10.000 de mieux au titre de remboursement des frais d'avocats. (notre actualitté)

Pour sauver la face, devant la presse, l'avocat de Michel Drucker, Me Jean-Pierre Mignard y est tout de même allé de sa petite déclaration : « La Cour d'appel de Paris n'a pas fait droit à la demande de Mme Beyala qui réclamait 250.000 euros à M. Drucker. Elle a réduit à 20.000 euros ses prétentions, et 10.000 euros au titre du temps perdu. »

Méprisant à souhait, sacrés avocats !

Cela dit, maître, ce sont 30.000 € et non 20.000.

Du reste, son client n'ira pas en cassation, attendu que, cité par l'AFP, « la Cour a dit le droit en reprenant une proposition de rémunération faite par son avocat il y a plusieurs années ».