Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Michel-Édouard Leclerc : Amazon, "pas un concurrent, une stimulation"

Antoine Oury - 17.10.2013

Edition - Economie - Michel-Édouard Leclerc - Amazon - espaces culturels


L'entrepreneur français, à la tête d'un réseau dense d'hypermarchés, doublé par 215 espaces culturels répartis sur l'Hexagone, était présent hier à la remise du Prix Landerneau BD. L'occasion de revenir avec lui sur l'influence grandissante d'Amazon, les offres en livres numériques de ses concurrents, et le statut des espaces culturels.

 

 

Espace culturel LECLERC (MOULINS,FR03)

L'espace culturel Leclerc de Moulins (jean-louis zimmermann, CC BY 2.0)

 

 

Alors que le réseau des 215 espaces culturels Leclerc fait la fierté du patron de la chaîne d'hyper (« Lorsque nous avons commencé à ouvrir des librairies, il nous fallait relever le pari, notamment auprès du Saint-Germain parisien, de montrer que nous étions de véritables libraires et pas seulement des "vendeurs de livres" comme aurait dit Jack Lang »), la stratégie livres du groupe s'oriente vers un modèle dématérialisé. « L'idée est désormais de déployer nos ailes sur Internet, de manière à avoir une offre aussi importante que celle d'Amazon, mais avec l'expertise revendiquée de nos spécialistes. »

 

Face à Amazon, Michel-Édouard Leclerc ne perd visiblement pas ses moyens : « Je ne regarde pas les concurrents comme une menace, mais comme une stimulation. Ce qu'il faut prendre en considération, ce sont les nouvelles demandes sociales, et les bonnes appréhensions, la manière d'arriver vers le lectorat. Amazon est assez seul en généraliste, il y a la place pour d'autres concepts, francisés, avec une attention plus grande portée au conseil. »

 

Il y a quelques jours, la chaîne d'hyper Carrefour lançait une offre en partenariat avec le fabricant de lecteurs ebook Bookeen, avec un appareil personnalisé, le Nolim. Ce segment, a priori, ne constitue pas une priorité dans le développement de l'offre des espaces culturels : « La question est de savoir s'il faut vendre des liseuses, ou si nous allons vers des appareils qui font converger l'ensemble des technologies. Je ne sais pas s'il y a de l'avance à prendre en la matière, le catalogue doit primer de notre côté. Si nous en vendons, ce sera à titre de distributeur, sans licence propre », nous confie le chef d'entreprise.