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Michel Houellebecq : après le coronavirus, “tout restera exactement pareil”

Camille Cado - 04.05.2020

Edition - Société - Michel Houellebecq coronavirus - discours pessimiste coronavirus - monde coronavirus changement


Alors que les idéalistes aspirent à une transformation en profondeur du monde après la crise du Covid-19 – changements dans les habitudes des consommateurs ou encore une prise de conscience pour la cause écologique, Michel Houellebecq se montre sceptique : « Ce sera le même, en un peu pire ». De quoi tranquilliser les esprits pour attaquer cette 7e semaine de confinement...
 
Photo : Michel Houellebecq, Mosaïque de Clément Mitéran (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


Dans une lettre publiée sur France Inter ce lundi 4 mai 2020, Michel Houellebecq livre un discours plutôt pessimiste sur ce qui suivra la pandémie. À travers un texte qui se veut analytique, il rejette l’idée de l’avènement d’un monde nouveau après la crise du covid-19.

L’auteur de Soumission est clair : « Je ne crois pas une demi-seconde aux déclarations du genre “rien ne sera plus jamais comme avant”. Au contraire, tout restera exactement pareil ». « Nous ne nous réveillerons pas, après le confinement, dans un nouveau monde » insiste l’écrivain français, avant de préciser : « Ce sera le même, en un peu pire. »
 
Jamais la mort n’aura été aussi discrète

Et de poursuivre « il serait tout aussi faux d’affirmer que nous avons redécouvert le tragique, la mort, la finitude, etc. ». Alors que la France porte le bilan total des décès à près de 25.000 dans le pays, Michel Houellebecq affirme pourtant que « jamais la mort n’aura été aussi discrète qu’en ces dernières semaines ».

« Les gens meurent seuls dans leurs chambres d’hôpital ou d’EHPAD, on les enterre aussitôt (ou on les incinère ? l’incinération est davantage dans l’esprit du temps), sans convier personne, en secret » explique-t-il. 

Et d’ajouter que ces victimes, mortes « sans qu’on en ait le moindre témoignage » sont réduites à des statistiques de décès quotidien. « L’angoisse qui se répand dans la population à mesure que le total augmente a quelque chose d’étrangement abstrait. » 

Michel Houellebecq pointe également un autre chiffre qui a « pris beaucoup d’importance en ces semaines » : celui de l’âge des malades. « Jusqu’à quand convient-il de les réanimer et de les soigner ? 70, 75, 80 ans ? Cela dépend, apparemment, de la région du monde où l’on vit » dénonce-t-il.
 

Et de finir avec le constat effroyable que : « Jamais en tout cas on n’avait exprimé avec une aussi tranquille impudeur le fait que la vie de tous n’a pas la même valeur ; qu’à partir d’un certain âge (70, 75, 80 ans ?), c’est un peu comme si l’on était déjà mort. »

Le texte est disponible intégralement et une lecture en a été proposée par Augustin Trapenard : 

   
 



Commentaires
Une fois de plus,la question se pose: Houellebecq est-il un cynique ?

Ou un humaniste désabusé ou dégoûté ?

On peut pencher pour l'une ou l'autre option...

Lui-même, le sait-il vraiment au fond ?

Qu'on apprécie ou non ses livres, à commencer par les plus récents,je pense qu'on ne peut lui dénier le talent de mettre le doigt où cela fait mal.

Entre la mort qui devient abstraite,juste des chiffres et des pourcentages,et la petite musique anti-vieux que l'on peut entendre (en fait lire,souvent !) ici ou là, il est sûr que cette crise agit comme un révélateur implacable de l'état de notre société.

Certains...et certaines (interview de l'éditrice féministe Christine Villeneuve, nouvel article concomitant de Nicolas Gary) peuvent se montrer beaucoup plus optimistes !

Ce qui est certain,c'est qu'à part le petit quota de vautours cupides et sans décence inévitables par temps de crises et guerres,on morfle un maximum au point de subir sans doute -pour beaucoup d'entre nous -une sorte de sidération.

On n'a pas encore vraiment réalisé ce qui nous arrive,je le crains.

Espérons fort des jours meilleurs dès que possible avant un vrai effondrement économique irréversible !

Et je suis le premier à être révolté par les excès mortifères socialement et calamiteux pour la planète du capitalisme sauvage,je tiens à le préciser en cette fin de commentaire.

CHRISTIAN NAUWELAERS
Michel Houellebecq, a mon avis, est simplement lucide. Beaucoup d'autres personnes pensent comme lui.



Seul l'avenir post Covi nous dira s'ils avaient raison.



En attendant, vivons le plus décemment possible, sans trop chouchouter nos vices et nos défauts. Ce serait un grand pas.
La tendance est à dire que rien ne nous tirera de l'ornière où nous nous sommes profondément enfoncés. La posture de Houellebecq clope au bec dans son fauteuil me fait penser à quelqu'un qui attend sans y croire l'idée qui permettrait d'ouvrir la pensée à de plus créatifs lendemains. Tout le monde ou presque cherche à ce que l'humain aille mieux et pense encore moins à la mort. Michel, je te soumets une proposition: imaginer de faire société avec l'ensemble du monde vivant, partir de cette priorité, en faire un programme, se creuser les neurones en tous sens pour trouver comment défaire les productions mentales toxiques passées au rang de présupposé – l'homme d'abord (l'occidental est le plus destructeur, mais il n'est pas le seul, hélas), le "reste" du monde vivant = ressource, la pseudo-nécessité, exponentielle, du confort (confit, et confiné depuis longtemps dans l'humanomanie, oublier la peur (quelle triste idiotie. Réhabiliter la vie avec la peur, compagne sûre quand on lui accorde sa juste place, serait nous rendre une immense part d'intelligence engloutie),l'immortalité pour but etc – tout ce qui fait obstacle au rééquilibrage du monde vivant. Il y a de quoi penser et faire! Réussir, c'est une autre histoire, un truc de pseudosapiens. Allez, on évolue? Moi,je compte un peu sur toi. Je connais mes limites...
Bonjour Mise en trope,



Michel Houellebecq a une longue habitude de rester lui-même. Il s'est construit comme tout un chacun. Comme personne et écrivain. Il ne changera pas s'il n'en ressent pas le besoin...pour vivre et pour écrire. Il a ses idées sur les gens et le monde et les exprime par sa conduite et dans ses livres. L'essentiel est l'écriture de sa propre vérité, celle qui le maintient debout. Comme penseur, créateur, auteur et être humain. (En fait, vu sous cet angle, il comme chacun de nous. Nous avons notre trajectoire vitale, nos principes, nos illusions. Et considérons souvent qu'ils sont les meilleurs puisque nous les défendons, proposons ou imposons parfois aux autres).



Pourquoi proposer à cet écrivain un programme d'action pour améliorer(?)le monde, s'il n'est pas le sien - sinon le vôtre -, ne vous l'a pas demandé et n'en a pas besoin? Il est trop occupé à débrouiller ses propres affaires. Ne lui déléguez pas ce que vous-même pourriez faire (excellentes sont vos idées, brillante votre intelligence: mettez-les en pratique, formez un groupe d'activistes et foncez).Et laissez vivre l'auteur à sa manière: il écrit, il n'est pas un leader ni un exécutif.



Cordialement.
Pardon, clope "à la main".
La modélisation de la mort. Nos morts forcés de rentrer dans des courbes statistiques, des modélisations mathématiques numérisées, digitalisées, des tableaux Excell. La mort abstraite, cartographiée, captée par les scientifiques, les géographe et les politiques, la mort déniée en tant que phénomène organique et mystique. Oui M. Houellebecq, bientôt 30 000 fois oui.

Pour contrecarrer : faire une carte de France avec un photomaton de nos bientôt 30 000 morts... leur donner un visage et un nom, voire un arbre généalogique.

Chaque mort non nommé est un coup de dague porté au coeur de l'Homme.
Rien de bien nouveau à l'horizon...

Les pessimistes continueront de dire que l'avenir restera de la couleur dont ils voient le monde : noir ; les optimistes s'accrocheront à l'idée que les êtres humains sont capables de comprendre la leçon et de construire un monde meilleur.

Les pessimistes continueront de croire qu'ils ont raison parce qu'ils pointent du doigt tous les travers de l'homme ; les optimistes seront persuadés d'être dans le vrai car ils mettront en évidence tous les actes altruistes dont l'homme est capable.

La vraie question serait de savoir quel pourcentage de pessimistes et d'optimistes il y a sur terre. Si vous trouvez la réponse à cette question, vous saurez si l'humanité est prête à aller dans le bon sens. Le reste n'est que bruit de bistrot...
En tout cas c'est pas lui ni ses lecteurs qui amélioreront le monde. Mais participer à le changer en pire, oui, ça fait déjà un moment qu'il le fait, avec la collaboration de l'industrie éditoriale.
Loin de moi l'idée de l'entraîner. Proposer n'est pas disposer. Et pourquoi ne le ferais-je pas? Je conversais, voyez-vous. Disons que j'ai saisi, pour une fois, l'occasion de donner mon point de vue sur le monde. Vous n'êtes pas obligé de lire. Imaginez cet e-mail à l'oral, et détendez-vous.
les commentaires et mille autres philosophies m'apparaissent abêtissantes .



Allons-nous poursuivre les extensions programmées inutile (inventaire ) la pollution, ( est-elle un mythe ) est-elle une verité.
Certes l'après??????

La fin du 19 iem n'est pas loin,pendant le 20 em siècle = plus de 5.milliards 600 millions de terriens.

La verticale de cette croissance? est pour combien de temps??? J'ai lu, la dermographie est une composante du PIB..?Il n'est pas a ce jour bonne santé ?



il y a fort peu de temps les économistes auréoles de savoir via L'IA étaient dans une spirale de croissance, au delà le l'arrivée des bouleversements technologiques fin du 19 ieme et plus encore. L'extase prévisionnelle date de février 2013 l'ouvrage est présent dans ma bibliothèque.



A VOUS LA RÉDACTION ? QUELS SONT VOS RESSENTIS MERCI LOUPON
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